Le résultat net des banques de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (CEMAC) a bondi à 399,5 milliards de FCFA en 2023. D’après la revue de stabilité financière en Afrique centrale, récemment publiée par le Comité éponyme, les 54 établissements bancaires en activité dans les six pays de la CEMAC ont enregistré un bénéfice en hausse de 111,6 % en glissement annuel. Cette bonne performance est portée par la forte croissance des principaux indicateurs de performances notamment le total bilan, les dépôts et crédits bancaires.
Hausse du total bilan
Le total du bilan des banques de la Cemac a enregistré une nette progression de 11,4 % pour se situer à 22 401,2 milliards de Fcfa en 2023. Cette croissance a été enregistrée dans tous les pays membres : Cameroun (18 banques), RCA (4 banques), Congo (10 banques), Gabon (7 banques), Guinée Équatoriale (5 banques) et Tchad (10 banques). À cette période, ces établissements bancaires affichaient un encours de dépôts de 16 631 milliards de Fcfa (+11,1 %) contre 10 344 milliards de Fcfa de crédits nets (46,2 % du total bilan, +10,1 %).
Lire aussi : Cameroun : les microfinances collectent 456 milliards FCFA de dépôts pour 374 milliards de crédits à fin 2024
La structure des dépôts est dominée à 80,6 % par les dépôts à vue (non rémunérés, mais offrant une grande liquidité), 15 % des dépôts à terme et d’autres comptes (4,4 %). L’augmentation des dépôts de la clientèle traduit globalement la hausse des ressources collectées auprès des différents agents économiques. Les évolutions les plus importantes ont concerné les dépôts du secteur public (35,3 % pour les administrations publiques et 8,2 % pour les entreprises publiques), les dépôts des non-résidents (24,7 %), les dépôts du secteur privé (9,0 %). Les dépôts non ventilés ont plutôt reculé (-11,2 %).
Côté crédits, les banques ont largement privilégié le secteur privé, dont les prêts sont ressortis à 8 704,8 milliards FCFA, représentant 74,1 % du total. Les crédits aux administrations et aux entreprises publiques, quant à elles se sont élevées à 2 106,3 milliards FCFA, soit 17,9 % du total des crédits bruts. A fin 2023, les crédits octroyés par les banques demeurent concentrés dans le secteur du commerce de gros, de détail, restauration et hôtellerie (17,3 %), suivi par les secteurs de la production des services destinés à la collectivité, services sociaux et services personnels (16,3 %), des transports, activités des auxiliaires de transports et télécommunications (14,1 %), des industries manufacturières (8,7 %) et des institutions financières, affaires immobilières et production des services destinés aux entreprises (8,3 %). Le secteur de la distribution (6,4 %) et de l’agro-pastorale (6 %) ainsi que les industries extractives (3 %) ont relativement moins bénéficié des crédits bancaires.
Lire aussi : Les prêts de la Beac aux banques en hausse de 12,65% au 3e trimestre 2024
Autre indicateur de croissance, c'est le produit net bancaire (PNB). En effet, le PNB permet aux banques de vérifier que les charges d'exploitation ne sont pas trop élevées par rapport à la richesse engendrée par l'activité bancaire. Cela permet en outre de s'assurer que la banque est suffisamment solide pour éviter un risque de faillite. Au 31 décembre 2023, le PNB des banques de la CEMAC a augmenté de 12,4 % pour s’établir à 1 400,5 milliards de Fcfa comparés aux 1 246 milliards de Fcfa réalisés en 2022. L’appréciation du PNB a été observée dans quatre pays membres et favorisée par « le renforcement des marges sur les opérations financières (31,2 %, à 339,7 milliards FCFA) et sur les opérations de crédit-bail (16,4 %, à 19,4 milliards FCFA). Les marges sur les opérations avec la clientèle et sur opérations diverses se sont également améliorées. La marge sur les opérations de trésorerie est demeurée déficitaire à -22,9 milliards FCFA. Les frais généraux ont atteint 692,0 milliards FCFA, après 672,9 milliards FCFA douze mois plus tôt, entraînant un coefficient net d’exploitation de 49,4 % à fin 2022, après 54,0 % à fin 2022, » justifie le rapport.
Lire aussi : Cameroun : 11 sociétés obtiennent un statut privilégié pour emprunter plus d’argent auprès des banques

