Banques et Finances
A la Une

Cemac : les établissements de microfinance ont dégagé un  bénéfice en hausse de 56% en 2022

L’activité des 450 établissements de microfinance actives dans la zone CEMAC s’est nettement renforcée en 2022, générant un profit exceptionnel pour les opérateurs. Le secteur de la microfinance reste cependant sujet à plusieurs risques.

L’activité des établissements de microfinances (EMF) actives dans la zone CEMAC a connu une nette amélioration en 2022. Selon le Rapport de la Stabilité Financière, les indicateurs de ce secteur sont quasiment tous au vert au terme de l’exercice. Après une perte cumulée de 245 millions de FCFA en 2020, les EMF de la région ont engrangé un bénéfice de 18,2 milliards de FCFA en 2022, en hausse de 56% en glissement annuel. Le produit net financier (PNF), équivalent du chiffre d’affaires, s’est également accru de 26,0 % à 134,2 milliards FCFA soutenu par une hausse des marges sur les opérations avec la clientèle (53 %), sur opérations diverses (32 %) et sur opérations financières (10 %).

Les frais généraux ont quant à eux augmenté de 26 %, et se sont maintenus à un niveau permettant aux EMF d’extérioriser un résultat brut d’exploitation positif de 42,1 milliards FCFA.

Lire aussi : A fin 2021, 40% des microfinances camerounaises sont implantées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

S’agissant de leurs activités de manière globale, le rapport de la BEAC permet de constater que le total agrégé des bilans des EMF de la sous-région a progressé de 23,4% à 1 755,6 milliards FCFA en 2022.  Les dépôts collectés auprès de la clientèle se sont améliorés de 21,4 % tout comme les crédits à l’économie (+24,5% à 891,9 milliards FCFA). Seul point noir sur le tableau des performances des EMF, c’est la détérioration du portefeuille de prêts. Les créances en souffrance ont, en effet, augmenté, passant de 109,6 milliards FCFA à 146,2 milliards FCFA entre décembre 2021 et décembre 2022.

 Malgré une bonne progression, le secteur de la microfinance en zone CEMAC reste confronté à plusieurs défis notamment celui de la gouvernance. « La gouvernance demeure au centre des difficultés rencontrées par plusieurs établissements. Les insuffisances y relatives concernent, entre autres, la non-désignation systématique d’administrateurs indépendants ; l’immixtion des présidents des conseils d’administration dans la gestion courante des établissements ; la désignation et le renouvellement du mandat des administrateurs sans recourir à la Commission Bancaire ; la détention de créances douteuses sur les apparentés et la non-conformité dans la composition de certaines directions générales », déplore la banque centrale qui pointe également du doigt plusieurs manquements tels que le faible niveau de capitalisation, le sous-provisionnement des créances en souffrance et des cas de détournements et de fraudes en raison d’une règlementation jugée souple.

Lire aussi : e Cameroun va étendre le secret bancaire aux microfinances et aux opérateurs de Mobile Money

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page