Les 521 établissements de microfinance de la CEMAC ont enregistré une forte progression de leurs résultats en 2024, selon les données de la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) consultées par EcoMatin. Leur bénéfice net agrégé a atteint 22,5 milliards FCFA, contre 17 milliards FCFA en 2023, soit une hausse de 32 %, traduisant le redressement du secteur après plusieurs années de tension. En 2020 par exemple, le secteur avait clôturé l’année sur une perte de 245 millions FCFA.
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Avec seulement 46 établissements en activité, le Congo s’est imposeé comme le principal contributeur, avec 13,2 milliards FCFA de bénéfices (+32 %), devant le Cameroun (5,2 milliards FCFA, +55 %) qui pourtant regroupe 384 EMF. Le Gabon (18 EMF) arrive en troisième position avec 4,5 milliards FCFA (+19 %). La République centrafricaine, avec 92 millions FCFA, enregistre une croissance exceptionnelle de +137 %, tandis que la Guinée équatoriale (-276 millions FCFA) et le Tchad (-269 millions FCFA) demeurent en zone rouge.
Au-delà des profits, le secteur de la microfinance a également vu ses fondamentaux se renforcer. Le total de bilan s’est hissé à 2 061 milliards FCFA (+5,9 %), les crédits bruts ont progressé de 9,1 % à 1 039 milliards FCFA, et les dépôts de 1,8 % à 1 515 milliards FCFA. Les fonds propres, eux, atteignent 281 milliards FCFA, en hausse de 11 %.
Malgré ces évolutions encourageantes, le secteur continue de faire face à des faiblesses persistantes. En 2024, plusieurs établissements demeurent en infraction vis-à-vis des ratios prudentiels, et les créances en souffrance continuent d’augmenter (+8,9 % sur un an), atteignant près de 178 milliards FCFA. La COBAC explique que des contrôles menés durant l’année ont mis en évidence des défaillances récurrentes. Il s’agit notamment des absences de comités obligatoires et non-respect du principe de double validation des opérations, sous-effectif chronique, procédures internes obsolètes, non-conformité au plan comptable spécifique aux microfinances (PCEMF) et ratios prudentiels non respectés. Bien plus, plusieurs établissements ne disposent ni de systèmes de notation du risque, ni de cartographie des risques, souligne la COBAC.
Résultat des courses, le régulateur a retiré l’agrément à 70 établissements au courant de l’année.

