Au premier trimestre 2024, les cours mondiaux des principales matières premières exportées par les pays de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) ont globalement maintenu leur tendance haussière entamée depuis le 3ème trimestre 2023. Pour les trois premiers mois de l’année en cours, les prix se sont accrus, renforçant ainsi le regain d'optimisme des pays exportateurs des matières premières, en dépit du recul des prix sur le marché des produits énergétiques, apprend-on d'un document officiel de la Beac consulté par EcoMatin. Cependant, les marchés des matières premières restent soumis à des fortes pressions dues aux incertitudes géopolitiques, macroéconomiques et climatiques. Porté principalement par la hausse des prix des produits agricoles, l'indice composite des cours des produits de base (ICCPB) à l’exportation a bondi de 6,8% au 1er trimestre 2024.
Produits agricoles
En Cemac, l’indice des prix à l’exportation des produits agricoles a bondi de 29,5% au 1er trimestre 2024. « Cette hausse, entamée depuis le 3ème trimestre 2022 est en relation avec les tensions internationales liées aux conflits au Moyen Orient, les perturbations majeures dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et les bouleversements climatiques qui ont créé des conditions météorologiques défavorables, » explique la Banque centrale. Par produits, les plus fortes variations positives ont été observées sur les marchés du cacao (43,6 %). A cette période, le prix du kilogramme (KG) du cacao se vendait à 3 433 Fcfa (5,68 dollars USD) contre 1 632 Fcfa (2,7 $) au 1er trimestre 2023. Sur le marché du caoutchouc, du café et de l'huile de palme, le cours moyen trimestriel de chaque matière a respectivement augmenté de 25,8%, 12,3 % et 8 %. Entre janvier et mars 2023, ces produits ont été exportés aux prix respectifs de 1 251 Fcfa (2,03 $)/Kg, 2 418 Fcfa (4 $)/Kg et 532 968 Fcfa (881,58 $)/mégatonne. Toutefois, une baisse de 9,8% de prix est observée sur le marché du sucre. A la période sous étude, cette matière première se vendait à 900 Fcfa, soit 0,49 USD par les Etats de la Cemac.
Baisse des cours des produits énergétiques
Les prix des produits énergétiques se sont inscrits en diminution de -4,9% au premier trimestre 2024. D’après la Beac, ce redressement est imputable aux affaiblissements des cours observés sur les marchés du pétrole et du gaz naturel. Le prix du baril de pétrole est revenu en moyenne trimestrielle de 82,1 $ (49 634 Fcfa) /baril au quatrième trimestre 2023 à 80,6 $ (48,727 Fcfa)/baril au 1er trimestre 2024, soit une baisse d'environ -1,8%. Le cours du gaz naturel s'est également replié de 14,5% en moyenne trimestrielle, au cours de la période sous revue. Il est revenu de 9,64 $ (5 827 Fcfa)/MMBtu au 4ème trimestre 2023 à 8,24 $ (4 981 Fcfa)/MMBtu au 1er trimestre 2024.
Le ralentissement de la demande mondiale, accompagné de l'augmentation de l'offre non-OPEP et un niveau élevé de stock américain sont les principales causes de ce déclin du prix du pétrole, apprend-on. En effet, les pays non membres de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), tels que les États-Unis, le Brésil et le Canada, ont continué d'augmenter leur production de pétrole, compensant ainsi les réductions opérées par les membres de cette organisation. En Cemac, trois pays y sont membres : Congo, Gabon, Guinée équatoriale, NDLR). « S'agissant du gaz naturel, la chute des prix est la résultante d'une conjonction de plusieurs facteurs, notamment les niveaux très élevés des stocks européens, la robustesse de la production aux Etats Unis et une demande modérée attribuable à des conditions météorologiques clémentes », conclut la Beac.

