En Afrique centrale, quatre entreprises bénéficieront d'une prise en charge partielle des coûts liés à leur future introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC). Il s'agit de la Cameroon Hotels Corporation (CHC), de Samba Assurances, de Gabon Power Company (GPC) et de Façade Maritime du Champ Triomphal (FMCT). Ces sociétés ont été retenues à l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt lancé dans le cadre du Projet de renforcement des capacités des institutions financières régionales de la CEMAC, mis en œuvre avec l'appui de la Banque africaine de développement (BAD).
Prise en charge partielle
Doté d'une enveloppe de 143 millions FCFA, le dispositif prend en charge les commissions de visa de la Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale (Cosumaf), les frais d'admission à la cote de la BVMAC ainsi que les honoraires des commissaires aux comptes et des conseillers juridiques. Les entreprises devront toutefois supporter les dépenses liées à la structuration financière de l'opération, à la rémunération des sociétés de Bourse chargées de l'arrangement, au placement des titres ainsi qu'à la communication financière et à la promotion de l'offre auprès des investisseurs. Cette sélection marque un tournant pour le programme. Un premier appel à manifestation d'intérêt, lancé en 2025, n'avait suscité aucune candidature. Le nouvel appel, ouvert en mars 2026, a rencontré un intérêt suffisant pour permettre la sélection de quatre entreprises, tandis que les candidats non retenus ont été invités à retirer leur dossier.
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Parmi les entreprises retenues, deux avaient déjà publiquement affiché leurs ambitions boursières. La Cameroon Hotels Corporation (CHC), propriétaire du Hilton de Yaoundé, prépare une levée de fonds destinée à financer la rénovation de l'établissement, tandis que Samba Assurances, pionnier de la micro-assurance au Gabon, avait annoncé dès fin 2025 son intention de s'introduire à la BVMAC. En revanche, la présence de Gabon Power Company (GPC), filiale énergétique du Fonds gabonais d'investissements stratégiques (FGIS), et de Façade Maritime du Champ Triomphal (FMCT)constitue une nouveauté. Cette dernière prépare actuellement un nouvel emprunt obligataire vert de 10 milliards de FCFA destiné au financement du projet urbain de la Baie des Rois à Libreville. Sa sélection ouvre désormais la perspective d'un recours ultérieur au financement par actions.
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Les entreprises publiques toujours attendues
En prenant en charge une partie des frais d'introduction, le dispositif vise à lever l'un des principaux freins à la cotation des entreprises de la région. Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de l'engagement pris en 2019 par les chefs d'État de la CEMAC, qui avaient demandé à chaque pays d'introduire au moins quatre entreprises publiques ou parapubliques à la BVMAC afin d'élargir une cote encore très étroite. À ce jour, cinq États -tous sauf le Tchad- ont identifié 17 entreprises candidates. Le Gabon en compte trois, le Congo quatre, la Guinée équatoriale trois, le Cameroun quatre et la République centrafricaine trois.
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Dans les faits, les avancées demeurent limitées. Deux sociétés figurant sur ces listes, Bange Bank et SCG-Ré, étaient déjà cotées avant l'adoption de cette feuille de route. Les quinze autres n'ont toujours pas engagé, ou seulement très partiellement, leur processus d'introduction. À ces projets s'ajoutent plusieurs initiatives privées, notamment celles de Zenith Assurances, Renaprov Finance ou encore de la Commercial Bank Cameroon (CBC), qui peinent elles aussi à se concrétiser. Si les quatre entreprises retenues franchissent effectivement toutes les étapes réglementaires, elles permettraient de faire passer le nombre d’entreprises cotées de 7 actuellement à 11, gonflant par ailleurs la capitalisation boursière.

