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Centrafrique : 36 étrangers expulsés pour exploitation aurifère illégale 

Cette opération s’inscrit dans une stratégie de reprise en main d’un secteur largement dominé par l’informel.

Publiée vendredi 13 février 2026 à 18:12:28Modifiée vendredi 13 février 2026 à 18:12:30Temps de lecture 3 minPar Albert AMOUGOU

Un site d'exploitation aurifère artisanal

En République centrafricaine, le ministère des Mines et de la Géologie a annoncé, le 12 février 2026, l’expulsion immédiate de 36 ressortissants étrangers impliqués dans l’exploitation aurifère illégale sur des sites opérés par la Coopérative minière Jéhovah Shalom (CMJS) à Bozoum, à 375 km au nord-ouest de Bangui. Les identités et nationalités de ces derniers n’ont pas été dévoilées. Selon un communiqué officiel, cette décision fait suite à une mission de terrain conduite par l’Inspection générale des mines sous l’impulsion du ministre Rufin Benam Beltoungou, qui a mis en évidence « des violations graves et répétées de la législation minière », notamment l’exploitation hors périmètre autorisé et la présence de travailleurs en situation irrégulière. 

Les enquêteurs ont relevé l’absence d’autorisations de séjour en zone minière, de contrats de travail conformes, la non-déclaration de la production d’or, la destruction de bornes minières et des atteintes à l’environnement. Les autorités ont procédé à la saisie conservatoire de l’ensemble du matériel, au retrait des deux permis d’exploitation semi-mécanisée de la coopérative et annoncé d’éventuelles poursuites judiciaires complémentaires contre ses responsables.

Lire aussi : RCA : CVMR obtient le feu vert pour cartographier le sous-sol par imagerie satellitaire

Cette opération s’inscrit dans la stratégie de reprise en main du secteur extractif engagée par Bangui afin de mieux capter la rente minière et réduire la fraude. Selon la Banque africaine de développement, près de 75 % de la production diamantifère échappe encore aux circuits formels du pays, tandis que le FMI estime qu’environ 2 % seulement des revenus miniers sont reversés au Trésor public. Pour ce pays enclavé, non producteur de pétrole au sein de la Cemac et encore dépendant des exportations de bois, l’enjeu consiste à accroître la contribution du secteur minier au financement de l’économie.

Dans cette perspective, les autorités ont adopté en 2024 un nouveau code minier prévoyant la création de quatre sociétés publiques (GEMINCA, SONADERM, SOCAF et CATAGEM) chargées de renforcer le contrôle et la transformation locale des ressources. Le gouvernement a également signé un contrat minier de 25 ans avec le groupe canadien CMVR pour l’exploitation de ressources stratégiques, notamment l’or et le coltan, et autorisé des campagnes d’exploration aéroportée afin d’améliorer la connaissance du potentiel géologique national.

Lire aussi : Centrafrique : le canadien CVMR décroche un méga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan

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