La République centrafricaine bénéficie d'un regain d'attention de la part de ses partenaires internationaux. Après plusieurs années de ralentissement, les annonces d'appuis extérieurs au profit du pays pleuvent ces derniers mois. Un tournant dans la mobilisation des ressources pour la Plan national de développement 2024-2028 du président de la République, Faustin Archange Touadera, budgétisé à 12 milliards de dollars. En septembre dernier, 9 milliards de dollars de promesses ont été réalisées par le gouvernement centrafricain lors d'une table ronde des bailleurs de fonds organisés à Casablanca au Maroc. Le 22 octobre dernier, la France avait annoncé la signature d'un accord d'aide de 25 millions d'euros, destiné à renforcer la gouvernance économique et à renforcer les services sociaux de base du pays. Ce geste semble avoir inspiré une dynamique régionale d'une ampleur inédite.
Lire aussi : Centrafricaine : la France conditionne un décaissement de 10 millions € à un accord avec le FMI
Fin octobre, c'est l'Union européenne qui a annoncé un engagement inédit en faveur du pays : le déblocage prochain de 280 millions d'euros, soit environ 183,7 milliards Fcfa, pour soutenir la mise en œuvre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA). Il vise à relancer les investissements publics, à soutenir la stabilisation budgétaire et à renforcer la capacité de l'État à répondre aux besoins humanitaires et sociaux. Parallèlement, Bruxelles prépare un mécanisme d'aide de 1,5 milliard d'euros, soit environ 984 milliards Fcfa, destiné à soutenir la région des Grands Lacs, dont la Centrafrique fait partie. Ce programme régional vise à promouvoir la paix, la stabilité économique et la coopération transfrontalière à travers des investissements dans les infrastructures, la sécurité alimentaire et la connectivité entre les pays membres.
Lire aussi : Coopération: l’Union européenne fait le bilan de son engagement en RCA
Ces annonces traduisent un renouvellement de la confiance internationale envers les autorités centrafricaines, à un moment où le pays tente de consolider la paix et de redresser son économie, durablement affecté par l'insécurité et la contraction des exportations minières. Pour Bangui, il s'agit d'une bouffée d'oxygène susceptible de réduire le déficit de financement humanitaire, évalué à plus de 60% selon les agences onusiennes. Le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, salue « un signal fort de solidarité » qui témoigne du retour progressif de la RCA dans le giron de la coopération internationale. « Ces appuis permettront de soutenir les réformes engagées dans la gestion des finances publiques et d'amplifier l'investissement productif », at-il déclaré.

