En République centrafricaine (RCA), les recettes issues des secteurs minier, forestier et pétrolier ont atteint 16,52 milliards FCFA en 2023 contre 7,66 milliards en 2022, soit une hausse de 115%, selon le rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). « Cette progression est principalement portée par le secteur minier », indique le document.
Concrètement, les recettes minières, issues principalement de l’exploitation et de l’exportation de l’or et du diamant — qui représentent 92,3 % des exportations nationales — ont bondi de 2 milliards à 7,81 milliards de FCFA (+290 %). Le secteur forestier progresse de 55 % à 8,56 milliards de FCFA, tandis que les recettes pétrolières reculent de 6 % à 150 millions de FCFA. Selon le rapport, cette évolution résulte d’une meilleure perception des droits d’attribution et des taxes à l’exportation collectées auprès des comptoirs miniers, alors que la filière bois reste structurée autour des taxes d’abattage et de reboisement.
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Malgré le poids de l’or et du diamant dans les exportations, l’Administrateur indépendant souligne que ces recettes restent limitées en raison de la prédominance de l’exploitation artisanale informelle et de l’insuffisance des déclarations fiscales. Sur 136 entités recensées en 2023, moins d’une dizaine ont généré plus de 80 % des recettes publiques du secteur. Plusieurs coopératives minières et exploitants semi-mécanisés ont enregistré de faibles paiements, tandis que certaines sociétés pétrolières n’ont versé que des frais limités avant le retrait de leurs permis en 2024. Au total, le secteur extractif ne représente que 6,6 % des recettes budgétaires et environ 1,8 % du PIB, alors qu’il concentre plus de 92 % des exportations du pays.
Dans le détail, les principaux versements miniers proviennent des comptoirs BADICA, Geminca et de la société publique Comigem, tandis que les sociétés forestières SCAF, SCAD, SEFCA, IFB et VICA figurent parmi les principaux contributeurs. Le nombre d’entreprises retenues dans le périmètre de conciliation est passé de 23 en 2022 à 25 en 2023 sur plus de 130 entités recensées.
À l’échelle de la CEMAC, ces revenus demeurent les plus faibles : le Cameroun a enregistré 1 035 milliards de FCFA de recettes extractives en 2023 malgré un recul de 7,5 %, tandis que le Gabon, le Congo, le Tchad et la Guinée équatoriale affichent des montants se chiffrant en centaines de milliards de FCFA. Pour accroître la valorisation des ressources, Bangui a récemment signé un accord de 25 ans avec la société canadienne CMVR pour l’or et le coltan et engagé des discussions avec des entreprises russes en vue du développement minier.
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