Au Cameroun, 2 694 formateurs dans les Centres de Formation Professionnelle (CFP) n’ont aucun diplôme professionnel. L’analyse a été révélée par le ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MINEFOP). Le diagnostic traduit une insuffisance de certifications pédagogiques, exigées dans un environnement professionnel de plus en plus concurrentiel. Ce qui, pour le ministère, interroge les principes d’un « enseignement fondé sur la manipulation, la technicité et la résolution de problèmes concrets sur le terrain ».
Encore faudrait-il bénéficier d’un statut professionnel quand bien même on est titulaire d’un diplôme qui l’accorde. Sur 3 781 formateurs diplômés de Master II (63,6%) ou de Doctorat ou PhD (30,4%), plus de la moitié, exactement 60% sont vacataires. Selon le rapport d’analyse du Minefop, les formateurs vacataires dans le secteur privé laïc atteignent 6 909, contre 3 893 formateurs permanents. Le secteur public lui enregistre 1 527 permanents pour 422 vacataires, traduisant une organisation plus ou moins stabilisée du personnel pédagogique. En revanche, le secteur privé confessionnel comptabilise 349 permanents contre 660 vacataires.
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L’administration attribue à cette prédominance du statut de vacataire dans le privé, le modèle économique des établissements orienté vers la flexibilité, l’ajustement rapide aux fluctuations de la demande de formation, et la maîtrise des charges de personnel. Toutefois, « si cette organisation offre une réactivité appréciable, elle comporte des risques majeurs pour la consolidation de la qualité » déclare le ministère. Comme conséquences « pouvant freiner l’harmonisation et la standardisation souhaitées », il cite entre autres l’instabilité dans la disponibilité des enseignants, l’hétérogénéité des méthodes pédagogiques et l’absence d’engagement durable dans le dispositif de formation continue.
Sur la base de ces constats, et dans le but d’améliorer durablement la performance et l’impact du système de formation professionnelle, le Minefop prévoit en perspective, la consolidation du cadre de régulation et de supervision du secteur privé. Une série d’efforts engagés notamment dans les profils, les statuts et donc dans la qualité de la pédagogie, pour « encadrer, structurer, assainir et professionnaliser l’offre privée, afin qu’elle contribue pleinement aux objectifs nationaux de développement des compétences et d’emploi » a-t-il déclaré.

