Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et EntreprisesEpremium

Chococam : derrière la cession de Tiger Brands, l'ombre du contentieux Danpullo

La vente des 74,69 % détenus par le sud-africain Tiger Brands dans Chococam au fonds Minkama Capital touche à sa fin. Mais un vieux contentieux opposant l'homme d'affaires Baba Ahmadou Danpullo à plusieurs filiales sud-africaines continue de peser sur l'opération.

Publiée mercredi 15 juillet 2026 à 16:03:55Modifiée mercredi 15 juillet 2026 à 16:03:56Temps de lecture 6 minPar Jean Omer Eyango

WhatsApp Image 2026-07-15 at 14.55.54 (1)
De la gauche vers la droite : Fabrice Ndjodo, promoteur de Minkama Capital, Baba Ahmadou Danpullo, homme d’affaires camerounais et Tjaart le directeur général de Tiger Brands (Montage EcoMatin)

Le 20 avril dernier, le directeur général de Tiger Brands, Tjaart Kruger, son directeur financier, Thushen Govender, le promoteur de Minkama Capital, Fabrice Ndjodo, et le haut-commissaire d'Afrique du Sud au Cameroun ont été reçus par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Officiellement, il s'agissait de faire le point sur la cession des 74,69 % détenus par le groupe sud-africain dans Chococam et sur les dernières autorisations nécessaires à la finalisation de l’opération.

Lire aussi : Agro-industrie : le chiffre d’affaires du pôle international de Tiger Brands recule, sur fond de cession de Chococam

La transaction, annoncée en novembre 2025, reste notamment suspendue au feu vert des autorités de la concurrence de la Cemac. Mais derrière ce calendrier réglementaire se cache le contentieux engagé par l'homme d'affaires camerounais Baba Ahmadou Danpullo contre plusieurs filiales de groupes sud-africains, dont Chococam, qui est moins évoqué dans le dossier. Depuis 2022, cette affaire a donné lieu à une succession de saisies conservatoires d’une partie des fonds de l'entreprise. Leur montant cumulé atteint 5,612 milliards de F CFA, répartis entre Société Générale Cameroun, Standard Chartered Bank Cameroon, Bicec et SCB Cameroun.

Un risque isolé de la transaction

Les deux parties n'ont pas officiellement communiqué sur cet aspect, qui a pourtant été abordé lors de la rencontre ministérielle, et nos demandes d'informations sont restées infructueuses. Toutefois, indiquent des sources gouvernementales proches des négociations, les 5,612 milliards de F CFA faisant l'objet des saisies n'auraient pas été intégrés à la valeur retenue pour la transaction : le repreneur ne souhaitait pas supporter le risque lié à des fonds dont la disponibilité dépend encore de l'issue d'une procédure judiciaire ancienne.

Lire aussi : Cameroun : Baba Danpullo et la compagnie aérienne à 500 milliards de FCFA

Cette exclusion permettrait à Minkama Capital de reprendre l'activité industrielle, les marques, les actifs opérationnels et le réseau commercial de Chococam, sans payer pour une trésorerie à laquelle l'entreprise n'a aujourd'hui pas accès. Dans ce type d'opération, le risque peut être conservé par le vendeur, isolé dans un compte spécifique ou couvert par une clause d'indemnisation. Le traitement retenu ici reste, pour l'heure, confidentiel.
Pour Tiger Brands, le contentieux Danpullo s'ajoute à une liste déjà longue de raisons de quitter le Cameroun.

Chococam a, au fil des années, perdu du terrain face à la concurrence locale. Ses revenus sont passés de 67,1 millions de dollars en 2022 à 46,7 millions en 2024, soit une contraction de plus de 30 % en deux ans, tandis que sa part de marché, encore supérieure à 70 % en 2019, est tombée autour de 61 % en 2023. L'entreprise reste néanmoins l'un des principaux transformateurs locaux de cacao et un employeur industriel historique, dont les produits sont distribués dans plusieurs pays de la Cemac, où elle réalise environ un quart de ses ventes. Les autorités camerounaises veulent donc éviter qu'une bataille judiciaire ancienne ne vienne perturber la continuité de l'activité ou la transmission de l'entreprise à son futur propriétaire.

Un contentieux désormais gelé

Le dernier rebondissement dans l'affaire Danpullo remonte au 14 avril 2025. Par l'ordonnance n° 198, le premier président de la Cour suprême a ordonné la suspension de toutes les procédures opposant Bestinver à MTN Cameroon, Chococam et Broadband Telecom devant la cour d'appel du Littoral ainsi que devant les juridictions de Douala et du Wouri. Objectif : empêcher ces juridictions de continuer à statuer tant que les chambres réunies de la Cour suprême n'auront pas tranché la question de savoir si les affaires doivent rester dans le Littoral ou être transférées devant une autre cour d'appel. À ce stade, aucune date d'audience ni de reprise des procédures n'a été rendue publique. Les fonds demeurent donc bloqués, et le dossier reste en attente d'un arbitrage de la haute juridiction.

Lire aussi : Cameroun : Tiger Brands conclut un accord pour céder Chococam à Minkama Capital soutenu par BGFIBank

Cette décision est intervenue quelques semaines après un épisode qui avait brièvement laissé entrevoir un déblocage. Le 26 février, la cour d'appel du Littoral avait ordonné la mainlevée des saisies pratiquées sur les comptes de MTN Cameroon et de Chococam auprès de Citibank, Standard Chartered Bank et Bicec — c'est-à-dire la levée du gel qui empêchait ces sociétés d'accéder à leurs fonds. Mais, le jour même, les avocats de Bestinver ont fait pratiquer une nouvelle saisie conservatoire sur ces avoirs, en s'appuyant sur l'ordonnance du 5 septembre 2022 du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.

Lire aussi : Chococam : ce que l’on sait du rachat des 74,7 % détenus par Tiger Brands

La réclamation du camp Danpullo est désormais évaluée à 275,5 milliards de F CFA. Elle comprend une créance principale de 200 milliards, 21,6 milliards de loyers présentés comme indûment perçus, 22,1 milliards de frais de recouvrement, et des intérêts calculés au taux annuel de 3,25 %.
L'origine du conflit remonte à la saisie, puis à la vente en Afrique du Sud, de biens immobiliers appartenant à des sociétés contrôlées par Baba Danpullo. First National Bank, filiale de FirstRand, invoquait alors des impayés. L'homme d'affaires camerounais, lui, parle de spoliation, et a choisi de viser au Cameroun MTN et Chococam, deux filiales de groupes sud-africains dont l'actionnariat recoupe, selon lui, celui de la banque. Trois ans plus tard, cette bataille née à des milliers de kilomètres de Douala continue de conditionner, en partie, la sortie de l'un des plus vieux industriels sud-africains du Cameroun.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement Premium ou EcoMembre.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Business et Entreprises
  • Chococam : derrière la cession de Tiger Brands, l'ombre du contentieux Danpullo
Luc Magloire Mbarga AtanganaDoualaBICECMTN CameroonStandard Chartered BankBaba Ahmadou DanpulloChococamCitibankAffaire DanpulloTiger BrandsMinkama CapitalBestinverTjaart KrugerFabrice NdjodoBroadband TelecomThushen Govender
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Brazza AirlinesBusiness et EntreprisesCongo : Brazza Airlines suspend ses vols vers Ouesso et ImpfondoLa compagnie, filiale du français Thalair, a annoncé le 10 septembre 2026 l'arrêt « à effet immédiat » de ses liaisons vers le nord du pays, invoquant un déséquilibre économique et conditionnant toute reprise à un co-financement avec les entreprises locales. il y a 1 jourjad20240104-conf-gecam-celestin-tawambaBusiness et EntreprisesÉnergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieÀ l'occasion de la rentrée économique du patronat à Douala, Célestin Tawamba a détaillé les surcoûts qui pèsent sur les entreprises camerounaises, entre électricité hors de prix et corridors logistiques dégradés, alors que les dépenses d'investissement de l'État ont chuté de 74,4 % au premier trimestre 2026.il y a 1 jourDG Moov Africa Tchad Mourad HadraouiBusiness et EntreprisesRéseau, énergie, infrastructures : le lourd cahier des charges du nouveau DG de Moov Africa TchadNommé le 9 septembre 2026 à la tête de Moov Africa Tchad, le Marocain Mourad Hadraoui hérite d'un dossier sensible : améliorer un réseau critiqué de toutes parts, dans un pays où le gouvernement fait de la digitalisation une priorité pour 2027.il y a 2 joursRoyalBusiness et EntreprisesLe tchadien Royal Airways attaque le marché centrafricain avec un vol direct N’Djamena-BanguiAprès Douala, la compagnie aérienne tchadienne s’apprête à ouvrir un nouvel axe dans un ciel régional déjà desservi par Afrijet et Asky.il y a 2 joursEpremiumLes plateformes de MetaBusiness et EntreprisesFacebook, Instagram, WhatsApp : Malabo veut faire contribuer Meta aux recettes de l’ÉtatLe gouvernement a demandé l’ouverture de discussions avec Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, afin de déterminer les redevances que le groupe américain pourrait verser à l’État.il y a 2 joursFB_IMG_1731870004463-scaledBusiness et EntreprisesRing-Road : la BAD repousse à 2029 la livraison de l’axe Cameroun-NigeriaInitialement promise pour 2024, la Ring Road du Nord-Ouest ne devrait finalement être livrée que dans trois ans, retardant un axe censé fluidifier les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Nigeria.​il y a 3 jours

Articles similaires

LucConjonctureCommerce : le Cameroun veut relancer ses échanges avec le Royaume-Uni, en baisse de 32 %Cinq ans après l’entrée en vigueur de leur Accord de partenariat économique, le Cameroun et le Royaume-Uni cherchent à redonner du souffle à leurs relations d’affaires.il y a 3 joursWhatsApp Image 2026-09-01 at 11.51.54Politiques PubliquesDéchets urbains au Cameroun : un an après les états généraux, des résolutions toujours en souffranceCompte d’affectation spéciale toujours attendu, réforme du financement inachevée et arriérés persistants envers les opérateurs… Plus d’un an après les États généraux de mai 2025, plusieurs mesures censées apporter une solution durable à la gestion des déchets tardent à se concrétiser.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 5 jours2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 3 jours3Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 5 jours4Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 2 jours5Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 5 jours6Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 5 jours7Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 4 jours8Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 1 jour9La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 4 jours10Cameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusil y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.