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Politiques Publiques

Ciment, riz, poissons… : le Gabon suspend les taxes à l’importation pour préserver le pouvoir d'achat

Le Gabon vient de suspendre provisoirement, les taxes à l’importation des produits alimentaires de première nécessité et certains matériaux de construction. Une mesure sociale qui représente un défi budgétaire de taille pour Libreville qui projette pourtant des recettes douanières en hausse de 45% en 2026.

Publiée lundi 16 février 2026 à 13:14:24Modifiée lundi 16 février 2026 à 17:32:32Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République au Gabon

Dans une offensive contre l'inflation - projetée pour se maintenir en dessous de la norme CEMAC (3%) - le gouvernement gabonais vient de suspendre provisoirement à l’importation, la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ainsi que la redevance de scanning sur les produits alimentaires essentiels et certains matériaux de construction. En effet, selon un communiqué publié le 15 février 2026 par le ministère de l’Économie et des Finances, « il a été décidé une suspension des droits et taxes sur certains produits de grande consommation pour une durée de six mois ».

Lire aussi : Gabon : le gouvernement gèle les exonérations fiscales après 1000 milliards FCFA de pertes

Cette décision concerne notamment les viandes, volailles, poissons, produits laitiers, conserves, riz, pâtes, huiles et sucre, mais aussi le fer à béton, le ciment, le gravier et le sable. De source officielle, cette détaxation découle de « l’engagement du gouvernement à prendre les mesures susceptibles de préserver le pouvoir d’achat des ménages et en particulier, des plus fragiles d’entre eux ».

1 000 milliards FCFA de manque à gagner en 3 ans

Toutefois, cette mesure sociale entraine une dépense fiscale de poids. En juin 2025, Libreville révélait déjà un manque à gagner de plus de 1 000 milliards FCFA sur trois ans, imputé à des « exonérations fiscales massives et mal encadrées», réparties entre la fiscalité intérieure (682,67 milliards) et la fiscalité de porte (376,55 milliards). Face à cette dérive, le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema a instauré une rationalisation stricte des dérogations, parmi lesquelles, la suspension immédiate et conservatoire de toute nouvelle exonération pendant une durée de trois mois.

Lire aussi : Vie chère : le Congo baisse les droits de douanes sur le riz, le blé, la viande…

Ajouté à ceci, le lancement d’un audit complet de performance et de pertinence de tous les régimes fiscaux et douaniers dérogatoires de la réforme des conditions d’éligibilité à ces régimes, sur la base de la "transparence, de l’équité" et de l’impact économique mesurable. Pour le gouvernement, cette nouvelle trêve fiscale de six mois « constitue pour l’État, un effort budgétaire substantiel. C’est pourquoi, les services compétents procéderont aux contrôles nécessaires pour en assurer le respect », un défi de taille alors que le pays table sur des recettes douanières de 707,3 milliards FCFA en 2026, soit une hausse ambitieuse de 45 % par rapport à 2025.

Lire aussi : Gabon : le Parlement valide un budget 2026 record de 7 233 milliards FCFA (+72%)

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