À l’occasion de l’assemblée générale du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) – assemblée tenue le 23 juin dernier à Douala – son président, Célestin Tawamba a dressé un constat sévère de l’état de l’économie camerounaise. Au-delà des performances sectorielles, c’est surtout l’atonie de l’action publique qu’il a pointée du doigt, évoquant une gouvernance « à l’arrêt » qui, d’après lui, freine les investissements et pénalise la croissance.
Dans un long discours, le dirigeant du principal mouvement patronal du Cameroun a regretté que les espoirs nés au lendemain de l’élection présidentielle et de la prestation de serment du chef de l’État ne se soient pas traduits par une nouvelle dynamique économique. « Les décisions structurantes se font rares ; les arbitrages prennent du temps ; les projets, lorsqu’ils existent, avancent lentement », a déploré Célestin Tawamba, décrivant un environnement où « la visibilité devient chaque jour plus difficile » pour les entreprises.
Cette sortie n’est pas un coup de colère isolé. Depuis plusieurs mois, le GECAM multiplie les interpellations en direction des pouvoirs publics. En janvier dernier déjà, dans un document intitulé « Appel du GECAM pour un gouvernement d’action et la restauration de la confiance », l’organisation patronale plaidait pour la mise en place d’une équipe gouvernementale « resserrée » et « résolument orientée vers l’action », ajoutant que seule une gouvernance claire pouvait « restaurer la confiance, stimuler l’investissement et bâtir une croissance durable et inclusive ».
L’« Appel du GECAM » y dénonçait déjà les lourdeurs administratives, la pression fiscale, le déficit énergétique, les difficultés d’accès au financement ainsi que « l’instabilité réglementaire ». Choses qui freinent l’initiative privée. Elle soutenait notamment que l’incertitude et le statu quo alimentaient la prudence des investisseurs et retardaient les décisions d’investissement. Les effets de cette situation sont désormais visibles dans les indicateurs macroéconomiques, à en juger par la croissance économique qui est revenue à 3,1% en 2025, après 3,5% un an plus tôt.
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Pour Célestin Tawamba, si cette performance est nettement supérieure à la moyenne de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), elle reste insuffisante au regard de l’ambition d’émergence affichée par le Cameroun à l’horizon 2035. L’organisation patronale signale, entre autres inquiétudes, que le recul continu de la production pétrolière pèse davantage sur l’activité, la branche extraction d’hydrocarbures ayant enregistré une contraction de 6,9% en 2025, après une baisse de 9,7% en 2024. Cette évolution confirme la place croissante du secteur non pétrolier comme principal moteur de l’économie nationale.
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Pour le GECAM, il y a d’autant plus lieu de s’inquiéter que les difficultés actuelles ne relèvent pas uniquement de facteurs conjoncturels. Elles traduisent aussi des faiblesses structurelles de gouvernance. « On investit dans un pays qui décide et non un pays qui est à l’arrêt », a lancé Célestin Tawamba devant les membres du patronat. Malgré ces critiques, le président du GECAM se veut optimiste sur les capacités du Cameroun à renouer avec une croissance plus robuste, d’autant que le pays dispose d’importants atouts. Notamment, une population jeune, des ressources naturelles abondantes, une position géographique stratégique et un secteur privé résilient. Encore faut-il, selon lui, que les réformes attendues soient effectivement mises en œuvre et que les ambitions affichées se traduisent en actions concrètes.

