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Climat social : Dion Ngute ne veut pas dialoguer avec les syndicats

Les représentants des travailleurs ont vainement demandé audience auprès du Chef du gouvernement, sans suite. Ils ont dû lui transmettre par courrier, leur Cahier des revendications pour en vue l’amélioration de l’environnement du travail.

Publiée lundi 7 juin 2021 à 18:37:24Modifiée jeudi 10 juin 2021 à 09:32:14Temps de lecture 4 minPar Philipe NSOA

Le Premier ministre reste inaccessible pour les représentants des travailleurs

L’agenda du Premier ministre doit être bien chargé depuis des semaines. Du moins, c’est l’explication la plus logique que l’on puisse trouver pour au refus que ses Services ont opposé à la demande d’audience des leaders des confédérations syndicales des travailleurs du Cameroun. Dans la foulée de la célébration de la 135e fête internationale du travail, 1er mai 2021, les présidents de l’Union générale des travailleurs du Cameroun (Ugtc), Isaac Bissala, la confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc), Abraham Baboule, la Confédération syndicale autonome du Cameroun (Csac), l’union des syndicats libres du Cameroun (Uslc) et la Confédération camerounaise du travail (CCT), Antoinette Tangono ont dressé un « Cahier des revendications des travailleurs » adressé au gouvernement. Las d’attendre une audience avec le Chef du gouvernement pour lui remettre publiquement ces revendications, les leaders syndicaux ont dû le lui transmettre par courrier le 17 mai 2021.

Lire aussi : Lutte contre la Covid-19 : la coalition patronat-confédérations syndicales au point mort

Dans ce document dont Ecomatin a obtenu copie, les présidents confédéraux dressent un chapelet de propositions pour un monde du travail « idéal ». De la liberté syndicale à la lutte contre la pauvreté en passant par la sécurité au travail, la sécurité sociale, etc. les syndicalistes appellent d’urgence à une réunion tripartite organisée aux Services du Premier ministre pour trouver des solutions aux problèmes posés par les travailleurs. “Si rien n’est fait, pour encourager les choses, les confédérations syndicales des travailleurs sont prêtes à prendre leurs responsabilités”, préviennent-ils.

Au niveau de la liberté syndicale, les représentants des travailleurs demandent ainsi que gouvernement, de prendre toutes les dispositions pour protéger les responsables syndicaux et les syndiqués dans toutes les entreprises ; d’emmener les entreprises à respecter la Convention n°87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndicale ; d'amener les employeurs à appliquer les conventions collectives ; d’engager les négociations des conventions collectives dans les secteurs qui n’en ont pas et à réviser celles arrivées à terme.

Travail décent

Pour la santé au travail, il est demandé au gouvernement de convoquer la Commission nationale de santé et de sécurité au travail pour la révision de l’arrêté n°039/MTPS/IMT fixant les mesures générales d’hygiène et de sécurité sur les lieux de travail. De même, les leaders syndicaux enjoignent le gouvernement d’user de tous les moyens pour amener la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) à payer les allocations familiales à tous les travailleurs et de les revaloriser suite à la décision du chef de l’Etat d’avril 2020; payer les pensions à tous les retraités que leurs employeurs soient débiteurs ou non de la Cnps.

Lire aussi : Sécurité sociale : les réserves des syndicats sur le projet de la couverture santé universelle au Cameroun

Sur un autre plan, les présidents des confédérations syndicales demandent le relèvement du Smig, fixé à 36 270 FCFA depuis 2014. Isaac Bissala et ses camarades pensent que ce montant a été arrêté sans tenir compte des besoins essentiels pour une vie décente du travailleur, notamment “le prix de la nourriture suffisante au travailleur et sa famille ; les dépenses de l’habillement pour le travailleur et sa famille ; les dépenses permettant d’assurer un logement décent ; des dépenses permettant d’assurer la santé du travailleur et sa famille ; d’une marge suffisante devant permettre au travailleur de faire des économies.”

Enfin, les syndicalistes plaident pour la mise à la disposition du service public d’emploi, les moyens nécessaires afin que celui-ci puisse mener à terme ses programmes de placement des jeunes. Question de réduire le chômage des jeunes.

Lire aussi : Fête du travail : près de 15% d’entreprises n’ont pas de comité d’hygiène et de sécurité

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