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Climat social : Sosucam licencie 250 employés

La crise sociale au sein de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) continue de plonger cette entreprise dans la tourmente. Mardi 7 juin, 250 employés de la compagnie ont été informés de leur licenciement. Si le top management évoque des « insuffisances professionnelles », les employés dénoncent des décisions stratégiques « maladroites ». Le ministre du Travail et de la sécurité sociale a été sollicité pour arbitrage.

C’est par courrier que le collectif des employés de la Sosucam remerciés mardi dernier par la Sosucam ont saisi Gregoire Owona, ministre du Travail et de la sécurité sociale, aux fins de dénoncer ce qu’ils considèrent être « un licenciement collectif déguisé en licenciement pour motif d’insuffisance professionnelle ». C’est à l’issue de la rencontre statutaire mensuelle de la compagnie qui s’est tenue en début de cette semaine que la décision de mettre 250 agents de l’entreprise à la porte, avec effet dès ce 8 juin 2021 a été prise.

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Selon les responsables de la Sosucam, ce départ de masse tire son origine dans la difficile situation financière de l’entreprise, et aurait été motivé par de performances médiocres ayant impacté les résultats engrangés par la compagnie lors de la dernière campagne sucrière. Au cours du 4e trimestre 2020 en effet, les chiffres de la compagnie avaient drastiquement chuté. A l’époque, la baisse d’activité liée au Covid-19 ainsi que les importations de contrebandes venues du Nigeria avaient été évoqués pour expliquer cette situation.

Aujourd’hui, les employés rejettent en bloc les raisons évoqués pour justifier leur licenciement. Pour eux, le licenciement de masse opéré par la Sosucam nait d’une série de décisions managériales controversées ayant provoqué cet état de chose. Ils citent entre autres : l’externalisation à des couts élèves de certaines activités, les lourds investissements tels que l’irrigation dont le choix interroge dans une zone pluvieuse, la braderie du stock de matériel de l’entreprise pour ensuite être reloué à la Sosucam à des prix élevés.

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Fort de ce constat, le collectif des employés de la Sosucam estiment que ce licenciement n’est pas inhérent à la personne du travailleur, mais résulterait de la suppression ou transformation des emplois dans l’entreprise, et des restructurations internes. Autrement dit un « licenciement économique » qui tombe sous le coup de l’article 40 alinea 2 du code du travail, et nécessite une procédure qui n’aurait pas été respectée par l’entreprise.

Fin janvier, la Sosucam avait déjà été traversé par un mouvement d’Humeur remarquable. Les employés avaient bloqué la cité des cadres, interdisant ainsi au PDG Alexandre Vilgrain ainsi tous les cadres de l’entreprise, de sortir. Ils réclamaient notamment le départ du nouveau directeur des Ressources humaines dont la gestion était dénoncée. La gendarmerie et la police de Nkoteng, sollicitées par la direction générale de Sosucam, avaient investi les lieux, et procédé à l’arrestation de plusieurs manifestants.

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