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Comment la Russie améliore les recettes douanières à la frontière Cameroun-RCA

Selon le Directeur général des douanes centrafricaines, la convention douanière signée entre la Fédération de Russie et la RCA contribue à réduire le corruption et la contrebande sur le corridor Garoua Boulaï/Bangui

En RCA, l’on estime que l’expertise russe dans la douane est un modèle de transparence. Et c’est le directeur général des douanes centrafricaines en personne qui s’en satisfait. Dans un entretien accordé à Radio Ndeke Luka, basée à Bangui, Frédéric-Théodore Inamo estime que « nous commençons déjà à ressentir les effets positifs de cette mission ».  Il illustre son propos par une anecdote : « Récemment, un importateur a déclaré qu’il faisait entrer sur notre territoire de la farine. Mais, lorsque l’inspecteur a filmé la cargaison, il s’agissait de pièces détachées. » M. Inamo reconnaît alors que « nous n’avions pas ces équipements sophistiqués pour déceler ces cas de contrebande. » Au final, Bangui note avec satisfaction que « cette expertise a efficacement contribué à la lutte contre la fraude, voire la corruption ».

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Et cela, à plus d’un titre. La convention douanière signée entre la Fédération de Russie et la RCA a également permis de contrôler le volume des marchandises importées principalement depuis le Cameroun. « Les camionneurs étaient habitués aux surcharges et à corrompre nos agents. Avec les Russes, ce n’est plus possible », indique Ngangimo Raymond, 4ème vice-président national, chargé de la région de l’Est du syndicat national des transporteurs en général du Cameroun (STGC). Selon ce syndicat, « un camion semi-remorque de 10 roues qui devrait transporter au plus 50 tonnes se retrouvait avec 20 de plus et passait les barrières douanières sans difficultés ».

Recettes douanières

Naturellement, dans un pays où les recettes douanières représentent près d’un tiers du budget de l’État, avec l’assistance russe, elles tendent à s’améliorer. Selon un rapport de la direction générale des douanes centrafricaines rendu public en début de janvier 2022 à Bangui, 62 milliards de FCFA ont été mobilisés en 2021 contre 58,7 milliards en 2020, soit une augmentation de plus de 3 milliards de FCFA. Au cours de la présentation de ce rapport, Frédéric-Théodore Inamo a promis de meilleurs résultats en 2022 : « Les perspectives accordées à la Douane sont de près de 65 milliards de FCFA. Mais comme au niveau de la douane nous avons pris l’engagement d’arriver à 100 milliards d’ici 2025. »

Accusations

L’accord douanier signé le 7 mai 2021 entre la mission économique russe et le ministère centrafricain des Finances ne fait pas que des heureux. Sa mise en œuvre est scrutée à la loupe et provoque des débats. Et comme pour ne rien arranger, en juillet 2021, une vidéo devenue virale dans les réseaux sociaux montrait un camion de la mission onusienne fouillé par les Russes. Interrogé à propos par Radio France internationale (RFI), le directeur général des douanes et droits indirects, Frédéric-Théodore Inamo, s’était voulu rassurant : « Ils [les Russes] ne font que réglementer le comportement des opérateurs économiques en suivant les procédures normales. On ne culpabilise pas les responsables de la Minusca, mais les chauffeurs. Lorsqu’ils viennent avec les véhicules de la Minusca, ils s’arrangent avec les opérateurs économiques pour prendre les surplus sur les conteneurs et les mettre sous une bâche pour Bangui. Les Russes, lorsqu’ils contrôlent et qu’ils trouvent les marchandises que les chauffeurs cachent, c’est quand même un plus. »

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Par ailleurs, des contempteurs du régime de Bangui soupçonnent qu’une partie des taxes douanières collectées reviennent aux partenaires russes. Là encore, le patron de douanes centrafricains est catégorique : « Jamais, au grand jamais ça. Je peux vous rassurerDans le protocole d’accord, même si on est en train de le réviser, le Premier ministre a demandé une réunion d’évaluation tous les trois mois pour voir l’impact de la mission sur les recettes douanières. »

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