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Business et Entreprises

Comment l’agro-industriel Mavecam veut doper la production nationale de poisson pour contrecarrer les importations

Mavecam, entreprise agro-industrielle camerounaise vient d’annoncer sa volonté d’investir 22 millions d’euros (environ 12 milliards de FCFA) dans la mise en place d’un projet d’élevage et d’aquaculture dans trois départements des régions du Littoral et du Sud Cameroun (Sanaga maritime, Wouri, Moungo et Océan). Rencontré par EcoMatin, Dave Elombe Maniben, le responsable, parle des enjeux de ce projet qui arrive dans un marché où grouillent de petits producteurs.

Publiée jeudi 9 septembre 2021 à 15:47:28Modifiée jeudi 9 septembre 2021 à 15:47:32Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

Mavecam a annoncé l’investissement d’environ 22 millions de dollars dans la mise en œuvre d’un projet d’élevage et d’aquaculture au Cameroun. Pouvez-vous nous présenter ce projet ?

Mavecam est une entreprise spécialisée dans l’agroalimentaire pour le moment elle fait dans la pisciculture avec une ferme pilote  dans laquelle elle produit le clarias et le tilapia, les plantations (cacao, bananeraie) et dans l’importation  du poisson congelé.

Cette entreprise veut révolutionner la pisciculture au Cameroun dans le cadre d’un Agropole intégré  avec la production des alevins de tilapia et clarias  ainsi que  les poissons de table de ces variétés en incluant également les reproducteurs de ces espèces dans sa première phase. Dans la deuxième, elle construira une Provenderie qui fabriquera les aliments de poisson, des poulets, et autres animaux. Dans la troisième phase, elle va lancer l’aviculture et l’élevage des crevettes et elle va clôturer son intégration avec la culture du maïs et du soja, principaux intrants dans l’alimentation des animaux.

Cette information survient dans un contexte de crise, marqué par la rareté du poisson sur les marchés, du fait notamment de la mise sous scellés de certaines agences du géant camerounais de la poissonnerie Congelcam. Coïncidence ?

Il faut signaler ici que l’entreprise a été créée en 2013 et faisait essentiellement dans l’agriculture (cacao et banane  dans l’arrondissement de Nitoukou). Cette entreprise a été restructurée en 2019 passant de 1 million de capital à 100 millions. Car ayant constaté le déficit criard dans la production du poisson local alors que le pays bénéficie d’une hydrographie propice pour le développement de cette activité. Les promoteurs ont décidé de se lancer dans cette activité surtout que j'avais réorienté mes études pour se spécialiser dans ce secteur.

A la faveur du lancement de l’appel à manifestation d’intérêt du Minepia de 2020 sur le développement de la pisciculture, les promoteurs ont saisi cette opportunité pour soumissionner. La qualité du dossier a permis notre sélection dans 3 sites : Sanaga maritime, Moungo et Océan.

Vous constaterez par vous-même que ça n’a rien à voir avec l’entreprise dont vous faites allusion. Il se trouve néanmoins que notre activité va proposer les poissons crus aux populations de notre pays avec pour objectif premier de mettre fin à la dépendance des importations qui affectent considérablement notre balance commerciale.

Au Cameroun, selon les sources officielles, la production de poisson atteint 500 000 tonnes par an. Pour combler le gap, l’Etat souhaite réduire le coût des importations, qui ont atteint 120 milliards de FCFA en en 2019. Quelles sont vos prévisions à court, moyen et long terme ?

Nous avons produit dans notre ferme pilote de décembre 2020 à ce jour 9 tonnes de poissons et comptons avec la même ferme atteindre 15 tonnes d’ici décembre. Nous travaillons actuellement sur un site qui sera lancé dès octobre et on attend une production de 160 tonnes d’ici janvier.

La production intensive va commencer en janvier et nous comptons d’ici là produire 5000 tonnes en 2022 et nous espérons selon la capacité d’absorption du marché atteindre une production de 30000 tonnes par an d’ici 2030. Nous voulons accompagner pleinement le gouvernement dans le cadre du programme SND30.

Ce 25 août 2021, vous avez été reçus en audience par le Ministre de l’Elevage, des pêches et des industries animales. Vous avez notamment sollicité, du membre du gouvernement, un accompagnement. De quel accompagnement s’agit-il ?

Nous tenons à remercier solennellement le Ministre Taïga pour sa prompte sollicitude. Il faudra souligner ici que la solidité du projet et le profil des promoteurs y ont contribué. Nous avons discuté des accompagnements prévus par le gouvernement dans cette filière: la mise à disposition des sites de production, l’avantage fiscal ou douanier, les différentes garanties (caution, aval, lettre de confort) au soutien des investissements tels que prévus dans la réglementation.

Quelles assurances avez-vous obtenues ?

Le ministre nous a assuré du soutien  du gouvernement dans le  cadre réglementaire.

La production nationale de poissons notamment reste éparse. On observe une répartition disparate de petits producteurs ici et là. Avec une activité de taille industrielle comme celle que vous souhaitez développer, quelles expertises techniques seront mises à contribution ?

Vous savez que les écoles et les universités camerounaises mettent sur le marché des produits prêts à l’emploi. Il convient seulement de les canaliser pour en tirer le meilleur. De plus nous sommes en partenariat avec des étrangers qui ont fait leurs preuves ailleurs. Dans le cadre du transfert de technologies, ces partenaires vont former nos compatriotes pour la suite de l’activité

Nous voulons faire exactement comme ce qui se fait de meilleur dans le monde et pour que le Cameroun devienne, à terme, un exportateur de produits halieutiques, avicole et de provende

Propos recueillis par Berty Tounoudjou 

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