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Comment les compagnies aériennes africaines font face à la crise du transport aérien liée à la pandémie du Covid-19 ?

Bimogo

François Bimogo, Analyste Economique et Communicant Pense que:

Le secteur aérien est l’un des plus impacté par la pandémie du Coronavirus dans le monde, après que la majorité des pays de la planète aient procédé à des confinements des personnes, mais aussi à la fermeture des frontières aériennes civiles. Cette situation a conduit à clouer littéralement les avions au sol, à mettre les effectifs non essentiels en chômage, ou à licencier de milliers d’employés.

Le virus du Covid-19 est peut-être microscopique, mais son onde de choc se traduit par une crise inédite pour le secteur du transport aérien, transporteurs comme constructeurs. Les avions de transport de personnes des prin­cipales compagnies du monde sont cloués au sol depuis plu­sieurs semaines, notamment la mi-mars. Au fil des semaines, les charges restant importantes, d’autant qu’un avion cloué au sol coûte cher tout en n’étant pas rentable par son exploita­tion, les entreprises de transport aérien ont commencé à redouter de ne pouvoir reprendre leur exploitation post-confinement, du fait d’une trésorerie impactée par de longs mois de dépenses sans entrées financières, et sur­tout des perspectives peu opti­mistes sur le trafic aérien dans les prochains mois et années. Ainsi, Air France a bénéficié d’un appui de l’État français de 7 milliards d’euros (près de 45% du chiffre d’affaires annuel de la compagnie) pour conjurer une possible faillite. D’autres compagnies n’ont pas eu cette chance : Virgin Australia, com­pagnie majeure australienne employant 10000 personnes s’est mise volontairement en cessation de paiement (faillite), alors qu’en Europe, de nom­breux transporteurs mettent à la porte de milliers d’employés. South Africa Airways, la com­pagnie aérienne sud-africaine vieille de 86 ans et déficitaire depuis 9 ans, n’a pas eu de chance. L’État sud-africain qui portait la compagnie à bout de bras ne souhaite plus perfuser cette entreprise qui emploie 5000 salariés. En Afrique, si le géant Ethiopian Airlines a conti­nué ses vols alors même que le ciel africain lui également se fermait progressivement mi-mars, il a su trouver dans les be­soins urgent en matériel médical et de protection une opportunité pour des vol de fret. C’est ainsi que Ethiopian a livré les cargai­sons de masques et tests liés au Coronavirus, donc du milliar­daire Chinois et fondateur d’ Alibaba, Jack Ma. Il a permis également à certains pays afri­cains, européens, et américain de rapatrier leurs ressortissants des pays africains vers leurs pays d’origine respectifs.

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Les entreprises aériennes afri­caines dynamiques, mais de moyenne importance ont déci­dées elles de limiter l’impact de la fermeture des aéroports en adoptant une série de me­sures d’accompagnement pour réduire leurs charges courantes. Elles ont surtout communiqué sur le calendrier de reprise de leurs vols, et le mesures d’ac­compagnement pour les billets déjà payés. C’est le cas d’Air Sénégal, et Rwandair. Chez Air Côte d’Ivoire « tout le person­nel a été mis en congé et nos agences sont fermées. Seule une équipe restreinte assure la per­manence et prépare la reprise de nos activités », peut-on lire dans un communiqué de la compa­gnie régionale. A Rwandair, les salaires ont été réduits, afin de contribuer à limiter les pertes de la compagnie et lui permettre d’assurer une reprise à l’ouver­ture des frontières. Les com­pagnies régionales africaines proposent ainsi des possibilités de changement des itinéraires des vols déjà achetés mais pas consommés sans frais de péna­lités à destinations identiques, jusqu’à la fin de l’année. À Air Sénégal, on prévoit la reprise des vols régionaux et européens à la mi-juin. D’une manière générale, la validité des billets d’avion achetés avant l’arrêt des vols a été étendu à une durée d’un an, un indicateur de la volonté pour ces compagnies à survivre aux turbulences de la pandémie du coronavirus.

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Chez Asky, compagnie panafri­caine basée au Togo, les modi­fications des billets acquis au moment de la suspension des vols (mars) et juin 2020 peuvent se faire jusqu’au 31 décembre 2021, la compagnie ne donne pas la possibilité d’un rembour­sement intégral des billets en numéraire, le passager devant reporter son crédit de voyage sur un autre vol ou service du transporteur.

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