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Conjoncture

Commerce : l’Afrique centrale ne capte que 5% des échanges intra-africains (Afreximbank)

Alors que le commerce entre États africains a progressé pour atteindre 213,8 milliards de dollars en 2025, l’Afrique centrale demeure la région la moins intégrée aux échanges continentaux, selon la Banque africaine d’import-export.

Publiée mercredi 24 juin 2026 à 17:13:26Modifiée mercredi 24 juin 2026 à 17:13:28Temps de lecture 4 minPar Justin Blaise Akono

L'Afrique centrale à la traine dans les échanges intra-continentaux

L’Afrique centrale reste à la marge de l’intégration commerciale africaine. Selon le Rapport 2026 sur le commerce en Afrique publié par Afreximbank sous le thème « Tirer parti de la géopolitique pour le commerce et l’industrialisation dans l’Afrique globale », la sous-région ne représente que 5% des échanges intra-africains, la plus faible part parmi les cinq régions du continent.
À l’opposé, l’Afrique australe, portée notamment par l’Afrique du Sud, concentre près de 40% du commerce intra-africain, devant l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est.

Lire aussi: Afreximbank veut mobiliser 50 milliards $ d’investissements à la Foire Commerciale Intra Africaine 2027

Cette faible contribution de l’Afrique centrale traduit les difficultés persistantes de la sous-région à s’intégrer aux chaînes de valeur continentales. Afreximbank estime ainsi à 2,4 milliards de dollars le potentiel d’exportations intra-africaines encore inexploité dans la région en 2025. Les principales opportunités commerciales identifiées se trouvent davantage en Afrique du Nord et en Afrique australe, tandis que les échanges entre pays d’Afrique centrale demeurent limités.

Une progression du commerce intra-africain

Malgré ces disparités régionales, le commerce intra-africain poursuit sa progression. Sa valeur est passée de 202,7 milliards de dollars en 2024 à 213,8 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 5,47%. Cette évolution témoigne des premiers effets des politiques d’intégration économique engagées sur le continent, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Lire aussi: Afreximbank capte 65 % du marché des prêts syndiqués en Afrique en 2025

Pour Afreximbank, cette dynamique reste toutefois en deçà du potentiel réel du continent. L’Afrique continue de faire face à des contraintes majeures : insuffisance du financement du commerce, déficit d’infrastructures logistiques et énergétiques, faible transformation locale des matières premières et intégration limitée des chaînes de valeur régionales.

Un contexte mondial peu favorable

Le rapport relève néanmoins certains signaux positifs. Les réserves de change africaines ont progressé de 7% en 2025, passant de 468,2 milliards à 505,5 milliards de dollars, malgré les incertitudes qui continuent de peser sur l’économie mondiale.

Dans le même temps, les marchés des matières premières ont subi une pression baissière persistante. L’escalade des tensions commerciales internationales et le ralentissement de la croissance mondiale ont affecté la demande, notamment dans le secteur énergétique. La baisse des cours du pétrole, favorisée par une offre abondante et l’ajustement des objectifs de production de l’OPEP+, a particulièrement pesé sur les économies exportatrices de ressources naturelles.

Lire aussi: Afreximbank scelle l’adhésion de l’Afrique du Sud avec un financement de 8 milliards de dollars

Selon les données de la Banque mondiale citées dans le rapport, les prix des matières premières ont reculé d’environ 7% en 2025, ramenant la plupart des produits de référence sous leurs niveaux de 2024.

Structuré autour de quatre axes (le nouvel ordre géopolitique mondial et les vulnérabilités africaines, les leviers d’un commerce et d’une industrialisation durables, le rôle des institutions de financement du développement et les recommandations stratégiques), le rapport plaide ainsi pour une accélération de l’intégration économique africaine. Pour Afreximbank, les difficultés actuelles révèlent autant de marges de progression. Le développement des infrastructures, l’industrialisation, la transformation locale des ressources et le renforcement du commerce intra-africain apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire la dépendance du continent aux marchés extérieurs et renforcer sa résilience face aux chocs mondiaux.

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