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Commerce : l’installation du distributeur français Carrefour hypothéquée

Un recours en excès de pouvoir introduit par les premiers propriétaires du terrain devant accueillir cet investissement de 30 milliards Fcfa à l’origine du blocage du chantier depuis plusieurs mois. La justice menace d’annuler le bail emphytéotique accordé par l’état au consortium Carrefour-Cfao Retail.

Après Bonamoussadi à Douala, en décembre 2017, un supermarché Carrefour devait ouvrir ses portes à Yaoundé peu avant le démarrage de la Coupe d’Afrique des nations (Can) prévue au Cameroun en juin 2019, et qui avait finalement été retirée au pays au profit de l’Egypte. Mais, l’on assiste sinon à un glissement de date, du moins à un blocage du projet par une procédure judiciaire qui oppose le géant français de la distribution à des familles autochtones de la capitale, les Mvog Ela et Mvog Mbia Tsala, en l’occurrence, qui réclament la propriété du site sur lequel la boutique Carrefour est en construction au lieudit Ekoudou, en face du Palais polyvalent  des sports de Yaoundé. Lesdites familles, qui brandissent un titre foncier sur ce terrain de plus 4 hectares délivré par l’administration coloniale en 1948 avaient, au terme d’un conseil de famille le 09 juin 2018, saccagé le chantier de Carrefour. Plusieurs membres avaient été arrêtés par la police sur ordre du préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila, puis libérés sous caution.


>> Lire aussi – Grande distribution: Carrefour veut renforcer sa présence en Afrique


Alors que la procédure est pendante en justice, le projet du consortium Carrefour-Cfao Retail, un investissement de 30 milliards Fcfa pour 350 emplois directs, est depuis bloqué. Et, selon Jeune Afrique, dans son numéro 3040 du 14 au 20 avril dernier, le bail emphytéotique (d’une durée de 18 à 99 ans) accordé par l’Etat du Cameroun au consortium français pourrait être annulé par la justice grâce au recours en excès de pouvoir introduit par les premiers propriétaires du site. Selon Luc Demez, Directeur général de Cfao Retail au Cameroun, Carrefour Market Yaoundé, comme c’est le cas avec Douala, est censé proposer une offre exclusive de produits frais de qualité à marque Carrefour, et plus de 1500 références made in Cameroon. Les familles autochtones qui réclament la propriété du terrain litigieux sur lequel se trouve ce projet avaient été délogées en 2008 par la communauté urbaine de Yaoundé, qui y avait installé une base vie de l’entreprise française Razel, qui réalise divers travaux d’aménagement urbain à Yaoundé. C’est-à-dire, huit ans avant la signature par l’ex-Premier ministre Philemon Yang, le 14 novembre 2016, d’un décret portant expropriation de ces familles pour cause d’utilité publique.

La Rédaction EcoMatin

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