Les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont légèrement amélioré leur compétitivité-prix au quatrième trimestre 2025, grâce à une baisse de l’inflation et à une dépréciation modérée du franc CFA face aux principales devises internationales, selon une analyse publiée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
L’institution indique que le taux de change effectif réel (TCER) – un indicateur qui mesure le niveau de compétitivité d’une économie en comparant ses prix et sa monnaie à ceux de ses partenaires commerciaux – s’est replié de 1,2 % sur la période. Une baisse du TCER signifie que les produits de la zone deviennent relativement moins chers à l’exportation et plus compétitifs sur les marchés internationaux.
Selon la BEAC, cette amélioration résulte à la fois d’un gain de compétitivité sur les exportations (-1,8 %) et sur les importations (-1,0 %). Concrètement, la zone a bénéficié d’un différentiel d’inflation favorable, c’est-à-dire d’une hausse des prix plus faible que chez ses principaux partenaires commerciaux. Les prix à la consommation ont même reculé de 0,4 %, marquant une rupture après plus de quatre ans de progression continue.
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Parallèlement, le franc CFA s’est légèrement déprécié en termes réels face à plusieurs grandes monnaies, notamment l’euro (-0,6 %), le dollar (-0,9 %) et le yuan chinois (-2,1 %). Une dépréciation monétaire tend généralement à soutenir les exportations en rendant les produits locaux moins chers à l’étranger, mais renchérit le coût des importations.
L’analyse de la BEAC exclut volontairement le pétrole et le gaz naturel, qui représentent pourtant une part majeure des exportations de la région. L’institution explique que ces produits sont échangés sur des marchés mondiaux fortement administrés, où les prix dépendent davantage des équilibres géopolitiques que de la compétitivité économique des pays producteurs.
Sur le plan national, la compétitivité-prix s’est améliorée au Tchad (-4,8 %), au Gabon (-2,4 %), au Cameroun (-0,4 %)et en Guinée équatoriale (-0,1 %). À l’inverse, elle s’est détériorée en République centrafricaine (+2,7 %), tandis que la situation est restée globalement contrastée au Congo.
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Pour le premier trimestre 2026, la BEAC anticipe une évolution plus incertaine. L’institution souligne que les tensions géopolitiques internationales, notamment autour du marché pétrolier, pourraient entraîner une hausse du coût du transport maritime et des produits importés. Une telle évolution réduirait l’avantage inflationniste actuel de la CEMAC et pourrait modifier la dynamique du TCER, donc la compétitivité globale de la région.

