Les Brasseries du Congo (Brasco), filiale du néerlandais Heineken, vient d’annoncer la mise en chômage définitif d’une part importante de son personnel. Sans donner plus de détails, l’entreprise dirigée par François Gazania, a adossé cette initiative à des soucis de rentabilité. « Les difficultés économiques que connaît BRASCO sont sérieuses et bien réelles […] Après plusieurs discussions franches et constructives, nous avons pris la décision de réduire significativement les effectifs tout en maintenant nos deux sites de production de Pointe-Noire et de Brazzaville », peut-on lire dans le communiqué daté du 15 octobre dernier. L’entreprise compte 800 emplois directs et 500 sous-traitants à fin 2023.
Selon la direction, cette restructuration est liée à la forte baisse des volumes de vente, divisés par deux au cours de la dernière décennie. Une évolution contrastant avec la dynamique de 2022, lorsque Brasco célébrait ses 70 ans de présence au Congo en mettant en avant quatre sites de production (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Oyo) d’une capacité annuelle de 2,5 millions d’hectolitres. L’entreprise revendiquait alors 19 marques de boissons et un réseau de 30 000 points de vente, pour un chiffre d’affaires avoisinant 50 milliards FCFA.
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En octobre 2023, Brasco annonçait encore un investissement de 3,3 millions d’euros (2,2 milliards FCFA) destiné à moderniser ses équipements et à former cinquante collaborateurs aux nouvelles techniques de brassage, dans le cadre de la production locale de la bière Heineken en bouteilles réutilisables. Cette réduction d’effectifs intervient dans un contexte de ralentissement du marché congolais de la bière et des boissons gazeuses, marqué par une baisse du pouvoir d’achat et une intensification de la concurrence régionale. L’entreprise projette un redressement dans le moyen terme et une récupération de sa position de leader après cette réorganisation de ses équipes. « Conserver nos deux implantations est un choix stratégique fort qui permettra de gagner à nouveau, ensemble. Ensemble, nous pouvons redonner à notre entreprise la place compétitive qu'elle mérite dans le cœur des Congolais et sur le marché […] pour que BRASCO retrouve sa vigueur et sa fierté d'antan », conclut le Directeur général.
Un nettoyage général des effectifs
Le licenciement massif est une stratégie également mise en œuvre à l’échelle du groupe pour « réorganiser les activités ». En effet, le groupe Heineken a procédé à la suppression de 200 postes dans son département Digital et Technologie en octobre 2024 et prévoit d’en supprimer ou transférer 400 de plus dès le début de l’année 2026 à venir. « En réduisant la complexité et en accélérant la prise de décision, HEINEKEN exercera ses activités avec un impact accru, responsabilisera ses équipes et se positionnera pour saisir les opportunités de croissance avec plus de détermination », peut-on lire dans le communiqué du groupe basé à Amsterdam, publié le 14 octobre dernier. Bien avant, en 2021, Heineken annonçait une réduction d’environ 10 % de son personnel dans ses opérations sud-africaines (estimé à 1 100 employés à cette période) en raison des difficultés financières liées à l’interdiction de vente d’alcool (“booze ban”) imposée pendant la pandémie de COVID-19. En République démocratique du Congo, 150 employés de sa filiale Bralima avaient été congédiés du fait de la crise économique consécutive à la guerre civile de 2002.
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Sur plusieurs marchés africains, Heineken revoit sa stratégie industrielle. Le groupe a multiplié les cessions et restructurations pour préserver sa compétitivité. Au Cameroun, il s’est retiré en 2020 du capital de Boissons du Cameroun, où il détenait 9 %. Cinq ans plus tôt, il avait vendu sa participation de 20 % dans Guinness Ghana Breweries au britannique Diageo. Plus récemment, au Nigeria, Nigerian Breweries, filiale locale du groupe, a annoncé la fermeture de deux de ses neuf usines, invoquant des pertes liées aux fluctuations de change et à la hausse des coûts de production.

