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Congo : comment les banques ont freiné l’investissement dans le pays en 2023

Malgré une augmentation de plus de 17% du volume des financements bancaires à l’économie cette année-là, les crédits à la consommation ont concentré la majorité des concours financiers accordés aux agents économiques. Les crédits de moyen et long terme, plus indiqués pour l’investissement dans le secteur productif, affichent respectivement un taux de progression de 4,4%, soit la 2ème plus mauvaise performance de la Cemac, et une baisse drastique de près de 40%.

Publiée vendredi 30 août 2024 à 18:09:31Modifiée vendredi 30 août 2024 à 18:15:55Temps de lecture 3 minPar René Ombala

Vue du guichet d'une banque

Le volume de crédits octroyés par les banques congolaises aux agents économiques en 2023 est estimé à un peu plus de 1 493 milliards de Fcfa. Cette enveloppe, qui fait des établissements de crédit du Congo les 3èmes plus gros financiers de l’économie de la Cemac en 2023, derrière ceux du Cameroun (5 023 milliards de Fcfa) et du Gabon (1 895 milliards de Fcfa), est en hausse de 17,2% par rapport à l’année 2022, selon les chiffres rassemblés dans le rapport d’activités de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac).

Lire aussi : Cemac : en 2023, le Congo et le Gabon dominent le marché du crédit de court terme, peu propice à l’investissement

Cependant, l’embellie observée autour du crédit bancaire au Congo au cours de la période analysée révèle un gros intérêt des banques de ce pays pour les prêts pas du tout adaptés aux investissements productif et infrastructurel. En effet, révèlent les chiffres de la banque centrale des six pays de la Cemac, que sont le Cameroun, le Tchad, la RCA, le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon, un peu plus de 56% des crédits bancaires décaissés à Brazzaville en 2023 sont des crédits de court terme. Il s’agit de concours financiers dont le remboursement s’étend généralement sur 12 mois au plus, et qui servent davantage à satisfaire des besoins immédiats de consommation ou de trésorerie des emprunteurs.

Selon les statistiques contenues dans le rapport d’activités 2023 de la Beac, cette catégorie de crédits a cumulé 836,9 milliards de FCFA au Congo en 2023, en hausse de 37,4% sur une période d’un an. Mieux, c’est la plus forte progression enregistrée sur ce type de crédit dans la communauté de la Cemac au cours de l’année, devant celle enregistrée au Gabon (+21,5%), au Cameroun (+16%) et au Tchad (+14,7%). Tandis que des baisses plus ou moins importantes sont enregistrées en Guinée équatoriale (-36,4%) et en RCA (-11%).

Sur la même période, à Brazzaville, l’on enregistre une évolution contrastée des concours financiers de moyen et long termes. Il s’agit des crédits bancaires dont les remboursements s’étendent sur des périodes plus longues (elles atteignent souvent 15 ans), et qui, du fait de cette particularité en termes de maturité, sont plus adaptés au financement des investissements dans le secteur productif et les infrastructures. En effet, selon les chiffres de la Beac, le volume des crédits de moyen terme au Congo a connu une hausse de 4,4% en 2023, par rapport à 2022, puisqu’il a atteint 604,8 milliards de FCfa. Il s’agit cependant d’une progression plus lente que celle de la Guinée équatoriale (+10,5%) la même année, ou encore celle du Gabon (+6,9%), de la RCA (6,2%), et même du Cameroun (4,9%). De ce fait, dans la Cemac en 2023, avec une régression de 3,9% de l’enveloppe des crédits de moyen terme, seul le Tchad affiche une performance plus mauvaise que celle du Congo.

Dans ce pays, la situation du crédit de long terme est encore plus préoccupante. Ces prêts octroyés par les banques aux entreprises et autres entités désireuses de réaliser des investissements d’envergure ont régressé de 39,5% au Congo en 2023. Contre des hausses plutôt exponentielles de 82,8% au Gabon, 57,3% au Tchad et 42,8% au Cameroun. Les chiffres de la Beac révèlent d’ailleurs que le Congo est le seul pays de la Cemac dans lequel le crédit bancaire de long terme a chuté en 2023. Puisque l’enveloppe dédiée a également augmenté de 27,3% et 26,5%, respectivement en RCA et en Guinée équatoriale.

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