Le secteur postal privé au Congo reprend des couleurs. Selon le dernier rapport statistique publié par l’Agence de Régulation des Postes et des Communications Électroniques (ARPCE), la filiale locale du logisticien allemand DHL International a enregistré une hausse de ses revenus au premier trimestre 2026, ceci après une fin d'année 2025 où l'activité globale du groupe au Congo s'était repliée, essuyant un recul de près de 55% de son volume d'affaires et une baisse de 12% de son chiffre d'affaires annuel à 1,58 milliard FCFA.
Dans le détail, la firme allemande enregistre un chiffre d'affaires de 540,7 millions FCFA, captant ainsi 75,65% de parts de marché au premier trimestre 2026. Il est suivi du logisticien Africa Global Logistics (ex-Bolloré) qui arrive à la deuxième place avec 5,57% des revenus. Selon le rapport du régulateur congolais, la force de DHL a reposé sur son positionnement "Premium". En ciblant les flux B2B internationaux à très forte valeur ajoutée (secteurs pétrolier, minier et institutionnel), DHL Congo réussit à truster les trois quarts des revenus du pays avec seulement deux agences basées à Brazzaville et Pointe-Noire et à peine 7,8% du volume total d'envois. Ce modèle d'optimisation financière est soutenu par une « qualité de service rigoureuse », affichant un délai moyen de traitement des réclamations de seulement 4 jours.
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Cette dynamique a un incident sur le revenu global du secteur. Selon l’ARPCE, les 18 opérateurs privés opérant dans le pays ont généré un chiffre d'affaires global de 714,8 millions FCFA au cours du premier trimestre 2026. Ce résultat marque un bond spectaculaire de 30,06% par rapport à la même période en 2025 où il se situait à 499,9 millions FCFA. L’ARPCE précise ainsi que cette dynamique repose sur les flux internationaux. À lui seul, le segment des envois internationaux capte 82,15% de la valeur globale du marché soit plus de 587 millions FCFA, alors qu’il ne représente, paradoxalement, que 8,68% du volume physique des plis et colis traités.
Si l'international domine le marché, le segment des volumes traités reste le domaine exclusif des acteurs locaux. Le trafic de proximité représente 91,32% des envois physiques au Congo, soit un total de 53 667 plis et colis sur le trimestre. Sur ce segment, la start-up Noki-Noki Services s’impose comme le premier transporteur du pays en volume, captant 30,80% de parts de marché soit 18 097 envois. Elle devance IBS Services qui capte 13,80% et le transporteur interurbain Océan du Nord (12,99%).
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Toutefois malgré ces indicateurs au vert, l’ARPCE pointe du doigt deux défis majeurs dans le secteur. Sur les 105 agences privées que compte le Congo, l'immense majorité reste concentrée sur l'axe Brazzaville/Pointe-Noire. Rares sont les opérateurs qui opèrent dans l'hinterland (Ouesso, Impfondo, Siki, Ewo), limitant l'inclusion postale des populations rurales. A cela s’ajoute la gestion des litiges. Si la livraison sur la dorsale principale se fait rapidement (entre J+0 et J+1), le traitement des réclamations notamment dues à des pertes, spoliations, avaries, reste le point noir des transporteurs locaux. Des délais de traitement atteignant parfois 45 jours ont été observés selon l’ARPCE.

