Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) s’est réuni le 13 février dernier à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L’une des résolutions phares de ce rendez-vous a été l’approbation d’une facilité de garantie de transaction de 10 millions d’euros (près de 6,5 milliards FCFA) en faveur d’Ecobank Congo. L’objectif affiché est clair : soutenir le financement du commerce extérieur dans un pays fortement dépendant des importations, alors que l’accès aux confirmations de lettres de crédit internationales devient rare et coûteux. « Cette facilité vise à renforcer les capacités de financement du commerce de la filiale congolaise du Groupe Ecobank Transnational Incorporated (ETI) », souligne la BAD dans un communiqué publié sur son site officiel.
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Aisni, le mécanisme est simple mais structurant : la BAD couvrira jusqu’à 100% du risque de non-paiement supporté par les banques correspondantes, confirmant les instruments commerciaux émis par Ecobank Congo. Dans une région où les lignes de confirmation sont devenues rares et coûteuses, la garantie agit comme un substitut de crédibilité souveraine pour les établissements locaux. « Cette garantie de transaction illustre l’engagement constant de la Banque africaine de développement à renforcer la capacité des banques africaines à soutenir le commerce international », a déclaré Lamin Drammeh, responsable de la Division du financement du commerce au Groupe de la Banque. « A travers ce mécanisme de partage de risque a-t-il ajouté, nous contribuons à fluidifier les échanges, à réduire les contraintes de liquidité et à offrir aux entreprises congolaises, en particulier les PME un meilleur accès aux marchés régionaux et internationaux ».
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L’enjeu dépasse la seule finance bancaire. Au Congo, où l’appareil productif reste limité hors hydrocarbures, la continuité des importations conditionne l’activité économique. La garantie vise ainsi des secteurs allant des technologies de l’information aux services, en passant par le transport, la santé et l’éducation, mais surtout les produits de première nécessité comme l’huile et le sucre. Autrement dit, elle sécurise autant les chaînes d’approvisionnement que la stabilité des prix ; une fonction de plus en plus assumée par les institutions de développement dans des économies confrontées à la volatilité extérieure.
Avantage concurrentiel
Pour Ecobank Congo, cette facilité constitue un avantage concurrentiel. « Cette garantie renforce significativement notre capacité à accompagner nos clients dans leurs opérations de commerce international, a souligné Olivier Brou Kouamé, directeur général d’Ecobank Congo. Elle nous permettra d’offrir des solutions plus compétitives aux entreprises congolaises, notamment les PME, et de contribuer activement au dynamisme de l’économie nationale ». Une convention sera signée entre la BAD et Ecobank Congo dans les jours à venir. Elle précisera les modalités de mise en œuvre de cette facilité, les critères d’éligibilité des transactions, les responsabilités de chaque partie, les exigences en matière de reporting ainsi que la conformité environnementale, sociale et climatique. Le dispositif ciblera en priorité les PME, les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes ainsi que les activités liées à la croissance verte.
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L’initiative intervient dans un moment de solidité relative pour Ecobank Transnational Incorporated. En 2025, le groupe panafricain a enregistré une hausse de 29% de son bénéfice après impôt, à 950 milliards de nairas (environ 698 millions USD), tandis que le chiffre d’affaires de 18% pour s’établir à 3 667,0 milliards de nairas (2,7 milliards USD). Cette performance, tirée par les commissions et les services transactionnels sur 34 marchés africains dont les six États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), conforte la stratégie d’expansion du financement du commerce.

