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Congo : le gouvernement admet son insolvabilité sur le marché régional de la dette

La dernière actualité sur les retards de paiement du pays sur le marché des titres publics de la Beac a rejailli lors de la présentation du rapport de l’exécution budgétaire à mi-parcours le 7 octobre dernier à Brazzaville.

Publiée jeudi 10 octobre 2024 à 14:30:00Modifiée jeudi 10 octobre 2024 à 13:23:15Temps de lecture 4 minPar Simon Pierre Mbarga

Le ministre congolais de l'économie, Jean-Baptiste Ondaye

En présentant les grandes lignes du rapport sur l’exécution du budget de l’État au 30 juin 2024 en Conseil des ministres, le ministre du Budget, des Comptes publics et du Portefeuille public, Ludovic Ngatse, a indiqué au gouvernement que la situation du financement de l’économie et de la trésorerie « est plutôt tendue ». Celle-ci se caractérise « par une gestion complexe des arriérés intérieurs et extérieurs avec une accumulation d’arriérés intérieurs et extérieurs, notamment ceux liés à la dette de marché des titres de la Cemac ».

Traduction : la situation de la Trésorerie ne permet pas au Congo d'honorer toutes les échéances de remboursement de sa dette intérieure et notamment celles sur le marché régional de la dette souveraine.  Les précisions de l'état actuel de l'insolvabilité du Trésor congolais n'ont pas été indiquées. On se souvient qu'au mois d’août dernier, le pays dont le volume de la dette menace fortement d’atteindre les 100%, a manqué deux paiements sur sa dette, trahissant au passage la situation délétère évoquée par le membre du gouvernement.

Lire aussi : Cemac : le Congo justifie son défaut de paiement sur le marché des titres publics de la Beac

Une sortie gouvernementale qui vient conforter l’alerte de l’agence de notation Fitch Rating qui soulignait que la trajectoire prévisionnelle dette/PIB du Congo est sujette à des incertitudes. Aussi, prévenait l’agence, l’audit des arriérés intérieurs pourrait conduire à de nouvelles révisions à la hausse du stock. En effet, rien qu’au mois d’octobre de cette année, le Congo a prévu plus d’une douzaine d’opérations de levées de fonds sur le marché des titres de la Beac pour un montant de 191 milliards de Fcfa. Au titre du 4ème trimestre, le pays repartira sur le marché communautaire pour 133 milliards de Fcfa en novembre et 100 milliards de Fcfa en décembre, soit au total 424 milliards de Fcfa sur les trois derniers mois de l’exercice en cours.

La situation préoccupante de la trésorerie congolaise pourrait sérieusement impacter le déroulement de ces différentes opérations si jamais les investisseurs recevaient une alerte en termes de nouveau retard de paiement. L’on se souvient que le directeur général du Trésor du Congo, Albert Ngondo, avait saisi le ministre des Finances afin d’attirer son attention sur l’impossibilité du pays à mobiliser de nouveaux fonds sur le marché de la Beac si les échéances du 27 au 29 août 2024 dont le montant était de 30, 604 milliards de Fcfa n’avaient pas été soldées. D’autant plus que le pays devait solliciter le marché au cours de la semaine du 2 au 5 septembre 2024 pour d’autres opérations. Un raté que le patron du Trésor congolais avait qualifié de « défaut de paiement », bien que le délai imparti au constat de cette faute ne fût pas encore échu.

Les tensions de trésorerie que connaît le Congo persistent depuis des années. Ce qui a amené le pays à conclure un accord avec le FMI en vue de redresser les finances publiques du pays et de réaliser des réformes en vue de diversifier et de densifier la collecte des ressources hors-pétrole. Au mois de septembre dernier, une réunion du Cadre permanent de concertation des Trésors publics avec les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), s’est tenue à Brazzaville.

Lire aussi : Cemac : le Congo en défaut de paiement sur le marché des titres publics de la Beac

Consacrée aux défis du marché financier de la sous-région Cemac, elle avait mis à l’index le non-respect des échéances de remboursement par les Etats émetteurs dans un contexte où les besoins de fonds des Etats sont croissants tandis que les investisseurs se montrent de plus en plus réticents en raison de l’insolvabilité ou des retards de paiement des émetteurs. Et dans cette configuration, le Congo qui détient 34,9% des titres publics en circulation en zone Cemac, était particulièrement concerné.

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