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Congo : pour son nouveau mandat, Denis Sassou Nguesso s'engage à "redynamiser l’économie"

Investi le 16 avril 2026 pour un nouveau mandat, Denis Sassou Nguesso place son quinquennat sous le signe de l'accélération du développement économique dans un contexte budgétaire sous haute tension.

Publiée vendredi 17 avril 2026 à 13:35:33Modifiée vendredi 17 avril 2026 à 13:35:34Temps de lecture 4 minPar Marius Zogo

Le 16 avril 2026, au Stade de Kintélé, Denis Sassou-Nguesso a prêté serment pour un cinquième mandat consécutif. Âgé de 83 ans, le chef de l’État a été investi devant un parterre de dirigeants africains et ceux venant du reste du monde. Réélu avec 94,82 % des voix (soit plus de 2,5 millions de suffrages) le 15 mars dernier, celui qui dirige le pays depuis 1997 place ce nouveau quinquennat sous le signe de dix engagements majeurs pour l'avenir du Congo. « Au regard de vos nombreuses préoccupations recensées avant et pendant la période électorale, j’ai jugé utile et opportun de vous proposer un projet de société intitulé "Accélération de la marche vers le développement". La poursuite de la construction d’un Congo uni, ambitieux, innovant et prospère se fera à travers 10 actions prioritaires », a t il déclaré dans son discours de circonstance.

Redynamiser l’économie

Pour ce faire, l’un des chantiers prioritaires du président nouvellement élu consiste à « redynamiser l’économie nationale ». Si le chef de l’Etat n’a pas précisé les actions à entreprendre, la mesure suggère tout de même la nécessité de transformer une économie de rente — où les recettes pétrolières représentent environ 60 % des ressources budgétaires — en une économie de production créatrice de valeur ajoutée par le travail et l'innovation. Cet impératif de transformation est d'autant plus marqué que les prévisions divergent : là où le gouvernement anticipe une accélération de la croissance passant de 3,8 % en 2024 à 5,3 % en 2025, le FMI projette une hausse nettement plus modeste, plafonnée à 2,8 %.

Lire aussi : Budget 2026 : le Congo mise sur un recours accru aux marchés pour combler un gap de 641 milliards FCFA

Une autre promesse phare revient à « mobiliser des ressources financières publiques additionnelles », un objectif stratégique alors que la loi de finances 2026 du Congo affiche un besoin de financement de 641,5 milliards FCFA. Pour combler ce déficit, l’État devra solliciter le marché des titres publics de la BEAC ainsi que les marchés financiers sous-régionaux et internationaux, dans un contexte de vulnérabilité marqué par une dette publique excédant déjà 90 % du PIB, largement au-dessus du seuil de convergence de 70 % admis au sein de la CEMAC.

Denis Sassou Nguesso entend également « accroitre l’investissement dans le capital humain, amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat, prioriser l’agriculture au sens large et l’industrie, de créer des emplois en plus grand nombre, poursuivre le déploiement des infrastructures de base et de développement, promouvoir la recherche scientifique, l’innovation technologique et le progrès technique, approfondir les droits techniques et préserver un environnement sain pour la population ». 

Ces engagements mettent en exergue l'urgence de développer le secteur agropastoral, notamment via l'essor des zones économiques spéciales, afin de réduire la facture des importations alimentaires du pays. Estimées à 800 milliards FCFA pour une population d'environ 6,5 millions d'habitants, ces dépenses apparaissent disproportionnées en comparaison avec celles du Cameroun qui, pour près de 30 millions d'âmes, consacre en moyenne 1 000 milliards FCFA à ses importations alimentaires.

Lire aussi : Avec 5 fois moins d’habitants que le Cameroun, le Congo dépense 800 milliards de Fcfa par an pour importer les produits alimentaires

En fustigeant ainsi les « comportements déviants » des agents de l’État, Denis Sassou Nguesso fait probablement allusion à la gestion des biens publics. La preuve, le rapport d’activités 2024 de la Haute Autorité de lutte contre la corruption au Congo identifie plus de 1 000 fonctionnaires fictifs, le manque de transparence dans la gestion des ressources publiques, le détournement des lignes de crédits, l’opacité dans la gestion des crédits décaissés, les irrégularités dans le processus de la vente aux enchères, le détournement des deniers publics et l’usage illicite des biens publics, etc.

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