Le groupe congolais Sapro, propriétaire du projet de fer de Mayoko dans le département du Niari, dans le sud-ouest de la République du Congo, discute avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) pour relancer l’extraction après six ans d’arrêt. L’information figure dans le récent rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) du pays. Selon le document, ce projet, resté à l’arrêt depuis une expédition de 40 000 tonnes en 2019, pourrait redémarrer d’ici fin 2026 avec l’appui de partenaires financiers. « Des discussions sont engagées avec des partenaires internationaux et Afreximbank pour financer une production ciblée d’environ 4 millions de tonnes par an à l’horizon 2026 », indique le rapport.
Le document précise que SAPRO-Mayoko, filiale du groupe congolais SAPRO, a été acquise en 2016 auprès du groupe minier sud-africain Exxaro Resources. Depuis l’unique expédition de 2019, aucune exportation supplémentaire n’a été enregistrée. Le rapport met en avant des difficultés logistiques sur l’axe reliant la mine au port de Pointe-Noire. Soit une distance d’environ 410 kilomètres du site d’exploitation. Le transport du minerai repose sur le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), la ligne ferroviaire reliant Brazzaville à Pointe-Noire. La dégradation de cette infrastructure est présentée comme la cause principale de l’arrêt de l’évacuation du minerai.
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Le recours à Afreximbank intervient dans un contexte de mobilisation de financements pour les projets miniers africains. L’institution multilatérale créée par des États africains et des institutions financières pour soutenir le commerce et l’industrialisation du continent, a annoncé lors de la conférence minière African Mining Indaba 2025, au Cap, la mise en place d’un fonds de 10 milliards de dollars (environ 6 000 milliards de FCFA) destiné au développement et à la transformation des ressources minières en Afrique. Sapro cherche ainsi à mobiliser des financements pour relancer le projet de Mayoko et repositionner la production de fer congolaise sur le marché international.
Avant ces discussions avec des institutions financières, le groupe Sapro avait indiqué en 2024 rechercher des partenariats avec des investisseurs algériens. Les échanges portaient notamment sur la réhabilitation d’infrastructures ferroviaires nécessaires au transport du minerai et sur la formation de techniciens destinés à travailler sur le site minier.
Le gisement de Mayoko dispose de ressources estimées à 150 millions de tonnes de minerai de fer avec une teneur moyenne annoncée de 65 %. Le plan d’exploitation prévoit une montée en puissance progressive de la production. Une première phase vise 3 millions de tonnes par an, avant une progression vers 5 millions puis 10 millions de tonnes. À terme, une production supérieure à 12 millions de tonnes par an est envisagée. Selon les projections de l’entreprise, le projet pourrait générer environ 5 000 emplois directs dans une première phase, puis plus de 10 000 emplois à maturité.
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