Le président congolais Denis Sassou Nguesso a ordonné, le 18 juin 2026, la création immédiate d'une « task force » interministérielle chargée de mettre fin à l'exploitation jugée « sauvage » de l'or dans les départements de la Cuvette-Ouest, de la Sangha et du Kouilou. Placée sous l'autorité directe du Premier ministre, cette unité réunira notamment les ministères de l'Intérieur, des Mines, de l'Environnement et des Affaires foncières.
Lors du Conseil des ministres, le chef de l'État a dénoncé les désordres observés sur plusieurs sites d'exploitation aurifère. « Il a instruit le Premier ministre, chef du gouvernement, de mettre en place, sous son autorité et sans délai, une task force afin de faire cesser ces désordres », indique le compte rendu officiel.
Cette reprise en main intervient alors que le Congo peine à mesurer l'ampleur réelle de sa production d'or. Dans son rapport 2023, l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) souligne que l'administration minière n'a communiqué aucune donnée de production pour les principaux districts aurifères du pays, notamment ceux du Mayombe, du Chaillu et de l'Ivindo. Les statistiques officielles ne recensent par ailleurs aucune exportation légale d'or.
Pourtant, les données de la plateforme onusienne UN Comtrade font état de l'exportation de 457,4 kilogrammes d'or depuis le Congo vers les Émirats arabes unis, pour une valeur déclarée de 622 millions de dollars. Ces flux sont toutefois enregistrés comme des opérations de transit, alimentant les interrogations sur la traçabilité réelle du métal précieux produit ou acheminé à travers le territoire congolais.
Au-delà de la lutte contre l'exploitation illégale, Brazzaville cherche à mieux capter les revenus d'une filière portée par la flambée des cours mondiaux de l'or. Le secteur minier hors pétrole ne représentait que 0,35 % du PIB et 0,12 % des recettes publiques en 2023. Les autorités espèrent également limiter les dégâts environnementaux liés à l'utilisation de produits chimiques sur les sites artisanaux.
L'initiative s'inscrit dans un mouvement plus large observé au sein de la CEMAC. Face à la multiplication des circuits informels d'exportation vers les marchés internationaux, plusieurs États renforcent leur contrôle sur les métaux précieux. Le Gabon a récemment lancé un système de traçabilité par QR code pour ses lingots d'or, tandis que la Centrafrique a créé une police minière spécialisée et que le Tchad a renforcé sa présence militaire dans les zones aurifères du Tibesti.
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