Au Congo, la compagnie minière britannique Zanaga Iron Ore (basée dans les Iles vierges britanniques), a signé un protocole d'accord avec la société de services publics Centrale Électrique du Congo (CEC) le 3 février dernier, afin de sécuriser l'approvisionnement en électricité nécessaire au lancement de son projet d'exploitation de minerai de fer Zanaga. Il s'agit selon la compagnie, de l'un des plus grands gisements de minerai de fer au monde, avec 6,9 milliards de tonnes de ressources et 2,1 milliards de tonnes de réserves. Selon les informations d’EcoMatin, cet accord d'approvisionnement en électricité, qui pourrait devenir ferme et définitif après évaluation des exigences techniques, économiques et juridiques relatives à la production et à la distribution d'électricité pour les opérations de la première phase du projet, prévoit notamment l'étude des besoins en énergie de Zanaga Iron Ore.
Bien que la date de mise en service de cette mine n’ait pas été communiquée, les activités de la première phase visent à atteindre une capacité de production annuelle initiale de 12 millions de tonnes de minerai de fer, selon un document divulgué par la société lundi dernier. L’entreprise souhaite ainsi devenir un leader au Congo avec cette capacité, bien supérieure à celle de la mine opérée dans la localité de Mayoko par Sapro SA, groupe appartenant à l’homme d’affaires Paul Obambi, l’unique mine de fer active au Congo (qui s’est illustrée avec le transport d’une cargaison de quelques 800 tonnes depuis le site jusqu’au port de Pointe-Noire en août dernier.).
Lire aussi: Gestion des déchets ménagers : les mesures du Congo pour alléger la facture
Cet accord avec CEC survient plus d’un mois après que Zanaga Iron Ore Company (ZIOC) ait procédé à la signature d'un protocole d'accord avec Arise Integrated Industrial Platforms relatif aux infrastructures ferroviaires et portuaires nécessaires au projet sous-revue (annoncé mercredi 11 décembre 2024). Cet accord avec Arise vise notamment à assurer l'évacuation du minerai de fer qui sera extrait du gisement de Zanaga. La société multiplie ainsi les stratégies pour assurer le lancement de ses opérations dans ce pays. D’après les prévisions de la société, une fois la production à pleine capacité, elle devrait livrer jusqu’à 30 millions de tonnes de minerai de fer par an, sur une période de 30 ans.
Il faut noter que la société de services publics Centrale Électrique du Congo (CEC) située à Pointe-Noire, détenue à 80% des parts par le gouvernement et 20% par la société Eni, dispose d’une capacité installée de 484 mégawatts, est l’un des acteurs clés de la fourniture d’électricité au Congo, un pays où l'accès à l'énergie reste un défi majeur. La société Zanaga Iron Ore Company (ZIOC) listée à l’AIM Market détient 100% de la société MPD Congo, qui détient le permis d'exploitation de la mine de fer de Zanaga (Glencore détient 43% de ZIOC).
Lire aussi: Congo : la SNPC émet un emprunt de 100 milliards de Fcfa pour soutenir son plan d’extension
Rappelons que ZIOC envisage lancer l’exploitation de fer au Congo dans un contexte où le cours de ce minerai connaît encore des fluctuations importantes sur le marché international. Ces fluctuations, qui concernent notamment le minerai de fer Fe 62%, ont été particulièrement marquées ces dernières années. De mai 2020 à mai 2021 (pendant la pandémie de COVID-19), les cours ont fortement augmenté et atteint un record de 237 $ US la tonne en mai 2021. Cette hausse a été suivie d'une forte baisse de septembre à novembre 2021, où les cours sont descendus en dessous de 90 $ US la tonne. Les prix ont ensuite connu plusieurs rebonds et replis, avec des variations importantes d'un mois à l'autre. Le 15 novembre 2024, la tonne de minerai de fer (Fe 62%) s'échangeait à 102 USD.

