Le 20 septembre dernier à Pointe-Noire, en République du Congo, le gouvernement a inauguré le CGIX-Pointe-Noire, une infrastructure technique où les réseaux se réunissent pour se connecter et échanger du trafic internet. Opérée par l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce), ce point d’échange internet devra permettre aux fournisseurs d’accès à internet (FAI) et opérateurs de télécommunication congolais de connecter leurs réseaux localement grâce à l’arrivée des câbles sous-marins à fibre optique les plus courus en Afrique dans l’espace sous-marin congolais. « Il est question de réduire la dépendance du Congo vis-à-vis des infrastructures internationales », a exprimé Léon Juste Ibombo, ministre congolais des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique.
Le lancement de ce point d’échange s’accompagne de la connexion des câbles de l’Arpce à deux câbles sous-marins à fibre optique pour flux de données internationaux notamment les câbles panafricains 2Africa et WACS également exploités par Cameroon Telecommunications, l’opérateur historique de la télécom au Cameroun. Ce point devra aussi d’améliorer le débit ainsi que l’indice des infrastructures de télécommunications congolais établis à 0,27 (inférieur à la moyenne africaine qui est de 0,45) et réduire le coût d’internet et des services de communication électroniques. Selon les récentes données de la database Monito, pour obtenir un abonnement à internet minimal en 2024 au Congo il faut débourser au minimum 37,98 euros (près de 25 000 Fcfa), plus cher que le tarif pratiqué en moyenne en France, soit 29 euros. Tandis que pour obtenir une connexion à haut débit (jusqu’à 10 mégas), il faut compter à partir de 325 000 Fcfa /mois hormis les frais d'installation des câbles, prise et modem Wi-fi (environ 117 000 Fcfa).
Ces tarifs pratiqués par les 19 FAI autorisés dans le pays et les principaux opérateurs de télécom que sont MTN Congo et Airtel Congo pourraient être réduits de 20% avec la mise en activité du CGIX-Pointe-Noire. Selon les données officielles de l’Arpce, ces derniers ont fait transiter 69,485 milliards de mégaoctets en 2023 pour un revenu du marché de l’internet mobile de 56,823 milliards de Fcfa, soit 36,8 milliards de MTN avec un trafic de 41,5 milliards de mégaoctets et 19,9 milliards de Fcfa de Airtel pour 27,9 milliards de mégaoctets transités.
Soulignons que le CGIX-Pointe-Pointe-Noire est le 2ème point d’échange internet du genre installé dans le pays après le CGIX-BZV de 2013 dont le siège est à Brazzaville. Ce nouveau point d’échange s’inscrit dans la cadre du projet de couverture nationale en télécommunications Congo Digital 2025 qui prévoit également l’installation d’un autre point d’échange dans la ville d’Oyo.

