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Consommation : le Cameroun importe l’huile de palme du Gabon

Avec un déficit annuel de 150.000 tonnes, le gouvernement camerounais vient d'autoriser l'importation de 100.000 tonnes d'huile de palme pour approvisionner les industries de seconde transformation absorbant 60% de la production nationale estimée à 300.000 tonnes par an.

La situation semble être plus que préoccupante au point d’inquiéter le gouvernement. Obligé finalement d’importer des tonnes d’huile de palme faute d’offre suffisante opposable à la demande nationale. Le Comité de régulation de la filière des oléagineux, organisme regroupant l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc), les agro-industriels (Socapalm, Pamol, Asroc, Cdc etc….), exploitants villageois et opérateurs économiques et pouvoirs publics, pense sérieusement à injecter dans le marché camerounais, 100.000 tonnes d’huile de palme. En augmentation de 4.000 tonnes par rapport à la quantité importée en 2017: 90.000 tonnes.

L’importation serait d’ailleurs imminente après que les raffineurs des oléagineux aient obtenus de l’Etat du Cameroun, une autorisation d’importation du précieux produit en début d’année 2018, selon des informations recueillies à bonne source. Objectif, approvisionner leurs usines et pérenniser leur production dont l’huile de palme est la matière première. La filière d’importation gabonaise est l’une des pistes évoquée lors de la 9ème session du Comité de régulation de la filière des oléagineux. Ce pays voisin viendrait ainsi en renfort au Cameroun, en proie à une amplification de son déficit de production d’huile de palme ainsi qu’à une augmentation de la demande de ce produit par l’intense activité des industriels et des ménages. Les trois principaux industriels de seconde transformation ayant investi 30 milliards de FCFA ces dernières années afin d’accroître leur capacité de production.

Management approximatif

Le Cameroun enregistre annuellement un déficit de production d’huile de palme brute de 150.000 tonnes. Pour une production nationale de 300.000 tonnes et une demande de 450.000 tonnes par an. Mais ce secteur reste grandement influencé par l’importante demande des huileries ou savonneries, des entreprises de seconde transformation, qui absorbent une part importante de la production nationale. Part estimée à 60% de la production totale d’huile de palme brute du pays. Les planteurs villageois privés, propriétaires de 100.000 hectares de plantations, produisent 120.000 tonnes d’huile de palme et les agro-industries, 180.000 tonnes, avec une occupation de plantations estimée à 70.000 hectares, soit 170.000 hectares couverts par toute la filière huile de palme.

Ce secteur important de l’économie camerounaise est fragilisé par de nombreux dysfonctionnements énumérés par Emmanuel Ngom, Ingénieur agronome, Coordonnateur du Projet national de développement du palmier à huile et de l’hévéa, Coordonnateur national de la filière palmier à huile du Projet de développement des chaînes de valeurs agricoles (PDCVA): « management approximatif des plantations privées, mauvaise qualité du matériel végétal, fertilisation inadéquate ou la transformation artisanale des produits« . L’huile de palme brut constitue la matière première pour  les savonneries et huileries raffinées. Elles engloutissent ainsi 60% de la production. 40% destinés à la consommation. Notre pays est ainsi obligé d’importer de l’huile de palme des pays étrangers.

La Rédaction EcoMatin

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