elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
ConjonctureEecomembre

Contrefaçon : le supermarché Fontana ou l’arbre qui cache la forêt

Le scandale de l’effacement et du rallongement des dates de péremption des produits alimentaires manufacturés chez ce distributeur et boulanger, révèle un fléau de plus en plus répandu au Cameroun et rend compte de la faiblesse de la surveillance du marché.

Publiée mercredi 29 mai 2019 à 20:19:52Modifiée jeudi 18 novembre 2021 à 12:52:43Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

contrefacon
Le 24 mai dernier, la brigade des contrôles et de répression des fraudes du ministère du Commerce a annoncé avoir mis la main sur un réseau de contrefaçon des produits alimentaires manufacturés, dans certaines installations attribuées aux établissements Fontana, qui opèrent dans la boulangerie et la grande distribution à Yaoundé. Tout serait parti d’une vidéo de dénonciation décrivant le procédé de falsification des dates de péremption « sur du chocolat pâtissier importé de Turquie et destiné à la confection de gâteaux, croissants et autres produits pâtissiers », grâce à un appareil qui efface et remplace les dates initiales de fabrication et d’expiration, a expliqué Aline Barbara Elemva Amana, chef de ladite brigade. Elle a annoncé dans la foulée la saisie d’une quantité importante de chocolat et d’autres produits périmés et qui attendaient un « recyclage » dans un entrepôt au lieudit Total Magzi, au quartier Mvan à Yaoundé. Le même groupe disposerait d’un « laboratoire » de frelatage des vins et spiritueux au lieudit Maetur Biteng, à la périphérie est de la capitale.

>> Lire aussi - Marché local : le supermarché Fontana indexé dans une affaire de contrebande


Les deux entrepôts en question ont été provisoirement fermés tandis que les autres établissements continuent de fonctionner et, sous-réserve des enquêtes en cours, le ministère du Commerce n’exclut pas des poursuites judiciaires contre le promoteur dudit groupe. Ce qui deviendra certainement dans quelques jours le scandale de Fontana, n’est que l’arbre qui cache la forêt. La contrefaçon au Cameroun, qui perdre avec la contrebande plus de 100 milliards Fcfa au pays chaque année, est un vieux fléau qui touche tous les secteurs de l’économie (boissons, ciment, sucre, poulet congelé, cosmétiques, cigarettes, tissus, médicaments, emballages plastiques non biodégradables, etc.), ainsi que l’a reconnu le ministère des Finances, dans un rapport publié en décembre 2017.

>> Lire aussi - Fraude : la contrebande indienne et chinoise envahit le Cameroun


Elle a le vent en poupe ces dernières années, traduisant ainsi une faiblesse de la surveillance du marché, voire d’un laisser-aller manifeste de la part des instances chargées de la combattre, notamment le ministère du Commerce, l’Agence des normes et de la qualité (Anor), etc. Même dans le très névralgique secteur de la santé, le faux médicament circule au nez et à la barbe des autorités, et à un rythme qui frise la complicité. En mars 2018, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a signalé la présence dans le pays d’une version contrefaite d’un antibiotique connu sous le nom « Augmentin ». Le secteur des vins et spiritueux est celui dans lequel les contrefacteurs sévissent le plus. En janvier 2018, le bureau spécial de recherches et des enquêtes criminelles de la Gendarmerie nationale a mis la main sur un gang spécialisé dans la fabrication de whiskies frelatés à Bafoussam. A Yaoundé, Douala, et dans la plupart des grandes villes camerounaises, le phénomène a atteint des proportions inquiétantes. Même le régime de la vignette sur les vins, les spiritueux et les cigarettes, entré en vigueur en janvier 2012, n’a pas réussi à mettre fin ou tout le moins, à endiguer la contrefaçon. En 2015, le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), avait fait état de pertes de 4 milliards Fcfa enregistrées par l’industrie du tabac du fait de la contrefaçon. Le principal mouvement patronal du pays révélait par ailleurs que 25% des cigarettes commercialisées au Cameroun proviennent des réseaux de contrefaçon et de contrebande.

>> Lire aussi - Commerce illicite: dans la spirale de la contrebande


C’est pourquoi il importe plus que jamais d’accentuer les contrôles et de les étendre aux autres distributeurs (grands et petits), au regard non seulement des pertes que fait subir le phénomène de la contrefaçon à l’économie nationale, mais aussi et surtout des conséquences qu’elle a sur la santé. En juin 2017, des équipes opérationnelles des douanes avaient procédé à un maillage du territoire national à la recherche des marchandises sensibles à origine douteuse telles que les alcools, les produits cosmétiques, les boissons, le ciment, les produits ferreux, les cigarettes, le sucre, les huiles végétales, etc. Plusieurs saisies avaient été opérées. Des opérations de ce type devraient se multiplier et même devenir permanentes.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Conjoncture
  • Contrefaçon : le supermarché Fontana ou l’arbre qui cache la forêt
GICAMANORcontrefaçonMincommercecontrebandeAline Barbara Elemva AmanaSupermarché MontanaArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

ferroviaires africain est attendu en ce mois d'octobre (c)PortsetcorridorsTransport et LogistiqueInfrastructure : la BAD mise sur l'Allemagne pour relever le réseau ferroviaire africainLa Banque africaine de développement et Berlin ont signé un accord pour dynamiser le rail africain qui ne représente encore qu'une part marginale du réseau mondial en dépit du vaste potentiel de la Zone de libre-échange continentale.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-10-02 at 12.02.22ConjonctureRépublique centrafricaine : Afriland First Bank affiche ses ambitions sous-régionales aux Bangui Financial DaysLa banque camerounaise met à profit la deuxième édition des Bangui Financial Days pour consolider son ancrage centrafricain et exposer son modèle de banque régionale.il y a 2 joursRCA PRConjonctureRépublique centrafricaine : nouvelle hausse du prix des carburants à la pompeLe litre de super passe de 1 050 à 1 150 Fcfa et le gasoil de 1 250 à 1 400 Fcfa pour les particuliers, tandis que les gros consommateurs paieront respectivement 1 500 et 1 650 Fcfa.il y a 3 joursOHADA LIVREConjonctureDroit OHADA : Angéline-Florence Ngomo veut rapprocher la règle de ceux qui font vivre l’entrepriseDans la deuxième édition revue et augmentée de son œuvre "Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace OHADA. Clés de lecture", la professeure Angéline-Florence Ngomo s’attaque à l’un des principaux défis du droit des affaires communautaire : rendre intelligibles des règles devenues indispensables à la vie des entreprises. De leur création à leur dissolution, en passant par leur gouvernance, l’ouvrage propose une lecture transversale du droit des sociétés dans l’espace OHADA.il y a 4 joursPétrole CongoConjonctureCongo : le pétrole fait bondir l’excédent commercial de 224 %La hausse des exportations, largement dominées par le pétrole brut, a permis au Congo d’améliorer fortement sa balance commerciale au deuxième trimestre 2026. Le taux de couverture des importations par les exportations atteint désormais 245 %.il y a 4 joursWhatsApp Image 2026-09-29 at 18.46.37ConjonctureCEDEAO : la deuxième édition de l'ECOWAS Investment Forum attend plus de 200 investisseurs à LoméTrois ans après une première édition en 2024, la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) organisera la deuxième édition de son forum en avril 2027 à Lomé. Le programme a été officiellement dévoilé lors d'une conférence de presse en visioconférence, tenue à l'occasion du lancement de l'ECOWAS Investment Forum (EIF). il y a 5 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Banques : Afriland constitue son nouvel état-major pour la conquête de l’Afrique centraleil y a 2 jours2Gabon : avec 1 064 milliards de FCFA de dette, six entreprises publiques inquiètent la Banque mondiale il y a 4 jours3Pétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au Camerounil y a 2 jours4Yvon Sana Bangui prend la tête de l’Institut chargé de préparer la future Banque centrale africaine il y a 4 jours5Cameroun : l’État mobilise 300 millions FCFA pour amorcer le lancement d'un Institut professionnel de la microfinanceil y a 6 jours6Cameroun : le bénéfice net de PlaYce tombe à son plus bas niveau depuis son ouvertureil y a 5 jours7Cameroun : le projet ferroviaire avec la RCA permettrait à Kribi de capter 5 % du commerce mondial de minerai de feril y a 4 jours8Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019il y a 2 jours9Cameroun : le retour inattendu de Viettel Global dans la bataille pour Nexttelil y a 3 jours10Tchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jouril y a 2 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.