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Les deux entrepôts en question ont été provisoirement fermés tandis que les autres établissements continuent de fonctionner et, sous-réserve des enquêtes en cours, le ministère du Commerce n’exclut pas des poursuites judiciaires contre le promoteur dudit groupe. Ce qui deviendra certainement dans quelques jours le scandale de Fontana, n’est que l’arbre qui cache la forêt. La contrefaçon au Cameroun, qui perdre avec la contrebande plus de 100 milliards Fcfa au pays chaque année, est un vieux fléau qui touche tous les secteurs de l’économie (boissons, ciment, sucre, poulet congelé, cosmétiques, cigarettes, tissus, médicaments, emballages plastiques non biodégradables, etc.), ainsi que l’a reconnu le ministère des Finances, dans un rapport publié en décembre 2017.
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Elle a le vent en poupe ces dernières années, traduisant ainsi une faiblesse de la surveillance du marché, voire d’un laisser-aller manifeste de la part des instances chargées de la combattre, notamment le ministère du Commerce, l’Agence des normes et de la qualité (Anor), etc. Même dans le très névralgique secteur de la santé, le faux médicament circule au nez et à la barbe des autorités, et à un rythme qui frise la complicité. En mars 2018, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a signalé la présence dans le pays d’une version contrefaite d’un antibiotique connu sous le nom « Augmentin ». Le secteur des vins et spiritueux est celui dans lequel les contrefacteurs sévissent le plus. En janvier 2018, le bureau spécial de recherches et des enquêtes criminelles de la Gendarmerie nationale a mis la main sur un gang spécialisé dans la fabrication de whiskies frelatés à Bafoussam. A Yaoundé, Douala, et dans la plupart des grandes villes camerounaises, le phénomène a atteint des proportions inquiétantes. Même le régime de la vignette sur les vins, les spiritueux et les cigarettes, entré en vigueur en janvier 2012, n’a pas réussi à mettre fin ou tout le moins, à endiguer la contrefaçon. En 2015, le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), avait fait état de pertes de 4 milliards Fcfa enregistrées par l’industrie du tabac du fait de la contrefaçon. Le principal mouvement patronal du pays révélait par ailleurs que 25% des cigarettes commercialisées au Cameroun proviennent des réseaux de contrefaçon et de contrebande.
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C’est pourquoi il importe plus que jamais d’accentuer les contrôles et de les étendre aux autres distributeurs (grands et petits), au regard non seulement des pertes que fait subir le phénomène de la contrefaçon à l’économie nationale, mais aussi et surtout des conséquences qu’elle a sur la santé. En juin 2017, des équipes opérationnelles des douanes avaient procédé à un maillage du territoire national à la recherche des marchandises sensibles à origine douteuse telles que les alcools, les produits cosmétiques, les boissons, le ciment, les produits ferreux, les cigarettes, le sucre, les huiles végétales, etc. Plusieurs saisies avaient été opérées. Des opérations de ce type devraient se multiplier et même devenir permanentes.

