Politiques Publiques

Coopération : le gouvernement camerounais et le FMI comptent s’attaquer à la pauvreté

Le prochain programme avec l’institution de Bretton Woods devrait soutenir des investissements dans les infrastructures afin de soutenir la diversification économique, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté.

De p u i s  2 0 1 7 , l e C a m e r o u n e s t ajustement avec le Fonds monétaire internationale (FMI). Le programme visait le rétablissement des équilibres intérieurs et extérieurs du pays, à travers notamment « une consolidation budgétaire ciblée, tout en préservant les dépenses sociales prioritaires ». Des résultats ont été observés. Mais, le Cameroun en redemande. Le pays est actuellement en négociations un deuxième programme avec l’institution de Bretton Woods. Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, qui a fait cette annonce il y a quelques jours à l’ouverture de la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs de son département ministériel, celui-ci aura pour point d’ancrage « la lutte contre la pauvreté et l’amélioration du contenu du panier de la ménagère camerounaise ». Le montant du financement censé soustendre ce programme n’est pas encore connu, encore moins la date de début de sa mise en œuvre.

Mais des sources non officielles, notamment l’agence de notation américaine Standard&Poor’s, prédisent d’ores-et-déjà qu’il s’étendra sur deux ans. Le programme de réformes économiques et financières que mettent en œuvre le FMI et l’ensemble des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) depuis 2017 et qui arrive à terme en juin prochain, a réussi à rétablir la stabilité macroéconomique et à stabiliser les niveaux d’endettement – certes pas de manière durable. En 2019, la Banque mondiale estime à 4,2% la croissance du PIB du Cameroun. Celle-ci devrait même rester sur une tendance haussière à 4,4% en 2020 et 4,6% en 2021, niveau que le pays n’avait plus atteint depuis 2016 du fait de l’explosion des dépenses sécuritaires couplée à la chute des cours des matières premières.

Croissance inclusive

Seulement, ce retour progressif de la croissance n’a pas amélioré le niveau de vie de la population camerounaise. En attendant la cinquième Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 5), la quatrième réalisée par l’Institut national de la statistique (INS) et publiée peu avant la présidentielle de 2018, révélait qu’entre 2001 et 2014, l’incidence de la pauvreté a reculé d’à peine 2,7 points, passant de 40,2% à 37,5%. « Selon l’approche subjective, qui reflète la perception que chaque individu a de sa propre situation comparativement aux autres, 56,8% de chefs de ménage se considèrent pauvres ou très pauvres », relève l’enquête.

En attendant le bilan du Plan d’urgence triennal (2015-2017) pour l’accélération de la croissance et l’amélioration des conditions de vie des populations, on peut noter que le gouvernement n’est pas parvenu à atteindre l’objectif de ramener le taux de pauvreté de 40% de la population camerounaise en 2010 à 28,7% en 2020, tel que prévu dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce), arrivé à échéance le 31 décembre 2019. Le FMI soulignait fort à propos, dans un rapport l’an dernier, que les trois régions septentrionales et le Nord-Ouest anglophone, qui connaissent une crise sécuritaire et humanitaire aiguë, accueillent à elles seules environ 74% de la population pauvre sur leur territoire.

En 2017, l’institution de Bretton Woods a préparé avec le gouvernement camerounais, une stratégie de croissance inclusive à long terme, comprenant notamment des réformes structurelles et des investissements dans les infrastructures afin de soutenir la diversification, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. C’est peut-être sous cette forme-là que le prochain programme avec le Cameroun se présentera.

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