Le corridor économique Douala-Ndjamena, reliant le Cameroun au Tchad, vient de bénéficier d’un appui financier de 182 milliards de FCFA en provenance de la Banque africaine de développement (BAD). Selon le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) qui révèle cette information, cinq entreprises chinoises ont été déclarées adjudicataires pour la reconstruction de la section Ngaoundéré-Garoua (278 km).
Sans être exhaustif sur les montants financiers, le Mintp indique néanmoins que le lot Ngaoundéré-Carrefour Malang (50 km) sera reconstruit et mis en 2x2 voies par le Chinois CGCOC Group pour un montant de 46,05 milliards de FCFA. La section « Bas de la falaise-Pont de Kéroua » (39 km) a été attribuée à China Harbour Engineering Company Ltd (CHEC) pour un montant de 34,8 milliards de FCFA. Le pont de Kéroua-Pont de Salah (77 km) revient à China First Highway Engineering (CFHEC) pour 46,1 milliards de FCFA. Le pont de Salah-Ouro André (56 km), lui, sera reconstruit et élargit par China First Highway Engineering (CFHEC) pour 23,9 milliards de FCFA. La section « Ouro André-Pont sur la Bénoué » (56 km) sera reconstruite et mise en 2x2 voies par China International Water & Electric Corp (CWE) pour 31 milliards de FCFA.
« Le démarrage des travaux interviendra dans les prochains jours. Conformément aux très hautes instructions de […] Paul Biya, en plus de la reconstruction de la route principale, le projet prévoit, entre autres : l'aménagement de 15 km de voiries urbaines dans les villes traversées ; l'aménagement de 263 km de routes communales ; la réalisation d'un audit technique, organisationnel et du patrimoine du Matgenie ; l'étude en vue de l'optimisation de l'exploitation du port fluvial de Garoua et de la navigabilité du fleuve Bénoué », indique le Mintp.
Il précise que d’autres prestations concernent l'étude architecturale et technique en vue de la construction du pôle technologique de l'école de Génie Chimique et Minérale (EGCIM) de l'Université de Ngaoundéré ; l'élaboration d'une stratégie, d'un modèle financier et d'un plan de mise en œuvre en vue du développement des usines-écoles de l'EGCIM de l'université de Ngaoundéré.
La route Ngaoundéré-Garoua est en très mauvais état depuis près de deux décennies. Pourtant c’est une route vitale pour les opérateurs économiques de la partie septentrionale du pays. En effet, les marchandises en provenance du port de Douala (où passent plus de 90% des marchandises du pays : Ndlr) et en partance pour Ndjamena au Tchad, transitent par Ngaoundéré où s’arrêtent le chemin de fer camerounais. A partir de cette ville, porte du septentrion venant du Sud du pays, les opérateurs économiques et voyageurs doivent prendre la route. Ce qui est un véritable parcours du combattant. Pour un tronçon de 278 Km, il faut compter près de 10h de route alors qu’en temps ordinaire, c’est un trajet d’environ 2 heures et demie.
Il faut aussi préciser que, bien que les lots des sections routières aient été attribués par le Mintp aux différents adjudicataires, l’on ne sait pas quand les travaux vont débuter ou s’achever. Il reste donc à formaliser les contrats avec les prestataires. Ce qui augure encore d’un long processus administratif et de contractualisation avant le début et l’achèvement des travaux.

