Le 15 septembre, la ministre des Transports, Fatima Goukouni Weddeye, a présenté à l’ambassadeur d’Algérie un projet de corridor logistique permettant au pays enclavé d’utiliser les ports algériens, avec un appui prévu sur la ligne ferroviaire via le Niger. Selon un communiqué officiel, cette initiative s’inscrit "dans le cadre du renforcement des relations bilatérales et du soutien aux projets structurants du secteur des transports au Tchad".
N’Djamena souhaite surtout diversifier ses accès à la mer et réduire sa dépendance aux corridors historiques des ports camerounais de Douala et Kribi. Enclenchée officiellement depuis 2024, cette volonté a vu le pays signer un accord de transit avec la Guinée équatoriale pour ses ports de Malabo et Bata. Le Tchad a également engagé des négociations avec le Bénin pour le transit de ses marchandises par le port de Cotonou. Dans ce contexte, les discussions avec l'Algérie sur l'accès à ses ports représentent une nouvelle étape, visant à créer un effet de levier sur les négociations et à optimiser les chaînes d'approvisionnement en tirant parti de différentes infrastructures.
Pour l’État tchadien, la diversification des corridors logistiques est un enjeu de souveraineté économique. Elle vise à réduire les coûts et les délais de transit, directement impactés par les tracasseries administratives et les lenteurs portuaires sur les routes traditionnelles, souvent décriées par les opérateurs économiques tchadiens.Par ailleurs, les partenariats stratégiques établis avec des pays comme l'Algérie, qui proposent d’accompagner le ministère tchadien dans le renforcement de ses capacités, visent à améliorer la gouvernance du secteur des transports et à consolider son développement.
Cette diplomatie sectorielle proactive du Tchad est au cœur du programme gouvernemental « Tchad Connexion 2030 ». Le Plan National de Développement vise à faire du Tchad un hub régional en valorisant sa position géographique au cœur de l'Afrique. Pour ce faire, il ambitionne de mobiliser environ 30 milliards de dollars (soit 18 000 milliards FCFA) d'investissements publics et privés d'ici à 2030. Ces investissements, qui couvrent notamment les infrastructures routières, ferroviaires et aériennes, sont jugés essentiels pour soutenir la croissance économique et permettre au pays de réduire son enclavement.
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