En Côte d’Ivoire, la filière cacao – qui représente environ 14 % du produit intérieur brut (PIB) – traverse une nouvelle zone de turbulence. Selon Bloomberg, qui cile premier producteur mondial de fèves enregistre des retards dans les achats, conséquence du gel des commandes par les négociants internationaux. Ces derniers attendent une baisse des prix fixés par le Conseil du Café-Cacao (CCC), régulateur du secteur.
« Certaines grandes entreprises reportent leurs achats à terme de la plus petite des deux récoltes annuelles, qui débute en avril, dans l'attente d'une baisse des prix par l'autorité de régulation du secteur », rapporte le média américain citant des sources sous anonymat.
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La récolte intermédiaire, qui représente environ un quart de la production annuelle du pays et doit débuter en avril, est attendue entre 400 000 et 450 000 tonnes. À ce stade, moins de 100 000 tonnes auraient été pré-vendues, principalement à des opérateurs locaux, afin de soutenir la transformation domestique.
Au cœur des tensions : l’écart entre les prix proposés par le CCC et les cours internationaux. Le régulateur entend vendre la mi-saison avec une prime de 250 à 475 dollars par tonne au-dessus des contrats à terme. Le prix bord champ projeté s’établirait à 2 082 FCFA/kg entre avril et juin, puis 2 108 FCFA/kg entre juillet et septembre 2026, soit environ 3,77 à 3,82 dollars/kg. Des niveaux supérieurs aux projections de 3 524 dollars/tonne avancées par Trading Economics pour la même période.
Pression sur les marges
Les négociants internationaux jugent ces tarifs déconnectés de la réalité boursière. À ces prix s’ajoutent les primes obligatoires, notamment le différentiel de revenu vital (400 dollars/tonne) instauré depuis 2020 au profit des producteurs, ainsi qu’une prime de qualité. Dans un marché en forte correction, ces charges réduisent considérablement les marges.
Selon des sources sectorielles, le CCC refuse pour l’heure d’ajuster ses prix. Pour Moussa Koné, membre du syndicat des producteurs Synap-CI, un recul des cours exposerait les exportateurs à des pertes significatives : « Si les prix baissent, ceux qui achètent au prix fixé par le gouvernement pourraient perdre près de 1 000 FCFA par kilo sur le marché mondial ».
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Ce bras de fer fait peser un risque sur la chaîne d’approvisionnement, avec des stocks en hausse et des retards de livraison. Les contrats à terme sur le cacao ont chuté d’environ 70 % depuis leur pic de fin 2024. Face aux tensions, le gouvernement avait déjà soutenu le CCC dans la négociation d’un prêt destiné à financer l’achat de près de 130 000 tonnes auprès des producteurs.
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