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Cotisations sociales : la Cnps épingle Yoomee

Des agents de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) ont investi, le 14 juin 2021, le siège de l'entreprise de téléphonie mobile à Akwa-Douala. Une opération de contrôle inopinée effectuée après plusieurs avertissements pour non reversement des cotisations sociales de son personnel qui accuse par ailleurs quatre mois d'arriérés de salaires.

Publiée mardi 22 juin 2021 à 17:34:21Modifiée vendredi 25 juin 2021 à 16:55:11Temps de lecture 4 minPar Georges Semey

L'accalmie n'aura été que de courte durée. L'entreprise de télécommunications Yoomee mobile S.A Cameroun est de nouveau sur les devants de la chronique. Après les vives tensions observées en avril 2020 portant sur des manquements aux obligations, le non-respect des clauses contractuelles, la révision des contrats, et la régularisation salariale, le paiement intégral des arriérés de salaire, le versement des primes d’assurance maladie aux employés ainsi qu’à leur famille, le paiement des allocations familiales et des congés-maternités, et la révision tripartite des contrats etc. Le 14 juin 2021, une équipe de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) du Littoral, Agence d'Akwa, a séjourné au siège de la société Yoomee mobile S.A Cameroun, sis Akwa-Douala.

D'après nos informations, il est reproché à l'entreprise de téléphonie mobile de ne pas reverser la sécurité sociale de son personnel auprès de l'organisme de prévoyance sociale. Cette visite inéluctable fait suite à plusieurs avertissements adressés à Yoomee S.A par la Cnps, apprend-on de bonnes sources. L'ardoise redevable par la société de téléphonie mobile est évaluée à plusieurs millions de fcfa. Au-delà du non-reversement des droits sociaux de ses employés, l'entreprise de téléphonie mobile accumule quatre mois d'arriérés de salaires dus à son personnel.

Lire aussi : De nouveaux licenciements au sein de Yoomee S.A

Personnel très remonté par les campagnes publicitaires mettant à contribution de grandes pointures de la musique africaine et camerounaise payées à primes d'or (plus de 50 millions de fcfa pour s'attacher les services spectaculaires de Koffi Olomide, Ben Decca, Longue Longue) alors que l'entreprise croule sous des dettes. «Ces dépenses somptueuses n'ont rien apporté de signicatif à notre entreprise. On aurait logiquement pu réorienter ces dépenses pour la relance de Yoomee. Les campagnes publicitaires que ces stars sont venues appuyer creusent plus le déficit de l'entreprise, qu'elles ne renflouent véritablement ses caisses», confie notre source. Pourtant, au plus fort de la dernière crise sociale déclenchée par le personnel de Yoomee, la direction générale contextualisait opportunément les difficultés traversées par l'entreprise : «Yoomee mobile se réinvente et innove afin de répondre aux attentes de la génération androïde afropolitaine. A cet effet, une restructuration et le recrutement des centaines de jeunes diplômés ouverts d’esprits, talentueux et passionnés de travail sont en cours au Cameroun. Nous ne pouvons plus continuer à payer des employés qui n’atteignent pas leurs objectifs ou se tournent les pouces au bureau», confiait un responsable de l’opérateur.

Lire aussi : YooMee : échec de la médiation du ministère du Travail

Depuis 2019, l'opérateur de téléphonie mobile a engagé une opération de licenciement de son personnel faisant suite à la baisse de son chiffre d'affaires, des difficultés structurelles et techniques rencontrées depuis 2018, après le virage de Yoomee mobile S.A, d'opérateur internet à opérateur de téléphonie mobile, le 25 août 2017. L’opération aura nécessité des investissements de plus de 10 milliards de Fcfa d’investissement, impactant la création de 2000 emplois directs et indirects. Créée en 2011, Yoomee mobile S.A emploie officiellement près de 1000 employés permanents, plus de 500 agents commerciaux, indépendants, dispose de 30 boutiques directes, 12 shop-in-shops, plus de 80 boutiques indirectes, de milliers de call-boxes et intermédiaires commerciaux. Jean Perrial Nyodog, en est le Président du conseil d'administration et Jean Ndjamba Mbeleck le Directeur général. «Yoomee S.A dispose d'autant de managers que regorge cette entreprise jadis porteuse d'espoir au moment de son inauguration en 2017. Comment comprendre qu'avec une telle ressource managériale, qu'on assiste à cet immobilisme ?», s'interroge notre source. Joint ce 17 juin 2021, les responsables de Yoomee n'ont malheureusement accordé aucune suite à nos sollicitations.

Lire aussi : Bras de fer entre la direction générale et les employés de Yoomee

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