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Coton, café, manioc … : la Centrafrique signe deux accords majeurs d’un montant de 128 millions de dollars

Au lendemain de la prestation de serment de son troisième mandat, Faustin Archange Touadera scelle deux partenariats structurants dans l’agriculture et les transports avec le groupe DSR Londres et Trans African Railway Systems LTD.

Publiée mercredi 1 avril 2026 à 16:38:32Modifiée mercredi 1 avril 2026 à 16:38:34Temps de lecture 3 minPar Jean Omer Eyango

Le président Touadera au centre, lors de la signature des accords. Photo: DR

À peine investi, le président Faustin Archange Touadera imprime sa marque économique. Le président de la République centrafricaine a conclu le 31 mars, au lendemain de la prestation de serment pour son troisième mandat, deux accords d’envergure d’un montant total de 128 millions de dollars, soit environ 76,9 milliards Fcfa. Le chef de l’Etat lance ainsi un signal fort en tentant de repositionner l’économie sur ses fondamentaux : production agricole et infrastructures de transport. Premier pilier de cette stratégie, l’agriculture.

Confié au groupe britannique DSR, le programme ambitionne une modernisation à grande échelle d’un secteur encore largement dominé par des pratiques rudimentaires. La livraison de 850 tracteurs et de près de 6 000 équipements agricoles par ce partenaire au pays, pour un montant de 98 millions de dollars, doit permettre de restaurer plus de 335 000 hectares de terres et d’accompagner directement 418 000 ménages. À l’échelle nationale, ce sont environ 2,6 millions de personnes qui pourraient bénéficier des retombées de ce projet.

Au-delà de la production, l’enjeu réside dans la transformation locale. L’installation d’unités industrielles dédiées au coton, au café et au manioc, toujours dans le cadre de ce partenariat, visent capter davantage de valeur ajoutée sur place et réduire la dépendance aux exportations de matières brutes. Dans un pays où l’économie reste vulnérable aux chocs extérieurs, cette intégration des chaînes de valeur pourrait améliorer significativement les recettes d’exportation et stabiliser les revenus agricoles. Deuxième levier, les transports. L’accord signé le mardi avec Trans African Railway Systems LTD et la présidence de la République prévoit la mise en circulation de 300 bus modernes, couvrant les segments urbain, interurbain et régional. Objectif : fluidifier la mobilité, désenclaver certaines zones et réduire l’insécurité routière, un frein majeur aux échanges économiques.

Lire aussi: Le président centrafricain promet « paix et sécurité » pour son 3ème mandat

Cet investissement en perspective de 30 millions de dollars tente de répondre à la problématique structurelle du coût élevé du transport en RCA, qui pèse sur la compétitivité des produits locaux. En améliorant la logistique interne, le gouvernement espère faciliter l’acheminement des productions agricoles vers les centres de transformation et les marchés d’exportation. Au total, ces deux accords traduisent une approche cohérente visant à relier production et circulation des biens dans une même dynamique de croissance. Ils interviennent dans un contexte où la RCA cherche à rassurer les investisseurs et à consolider sa stabilité économique.

Reste désormais le défi de l’exécution. Dans un pays confronté à des contraintes sécuritaires et institutionnelles persistantes, la réussite de ces projets dépendra de la capacité des autorités à garantir un environnement propice et à assurer un suivi rigoureux. Mais pour Bangui, le message est clair : la 7e République s’ouvre sous le signe de l’investissement productif et de la transformation structurelle. Pour mémoire, le Britannique Trans African Railway Systems LTD est déjà engagée en Centrafrique dans la Construction d’une ligne chemin de fer visant à relier Bangui au Cameroun via les lignes Ombella-Mpoko, Lobaye et Mambéré-Kadéï, jusqu’au port de Kribi, sous le modèle d’un partenariat public-privé. Le 1er novembre 2025, elle a lancé officiellement les travaux de construction de son siège à Pani, à une trentaine de kilomètres de Bangui.

Lire aussi: Faustin-Archange Touadéra : « la RCA a besoin de l’expertise russe pour valoriser ses ressources minières »

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