Entre janvier et décembre 2024, les pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré des pertes d'1,5 milliard USD, environ 992 milliards de Fcfa, dues aux interruptions d’internet selon le rapport de l’agence britannique spécialisée Top10 Vpn. Les données du site britannique indiquent que 2 sur les 6 pays de la zone Cemac ont enregistré les plus grandes pertes de la zone Afrique centrale. Il s’agit du Tchad et de la Guinée équatoriale qui ont respectivement perdu 3,8 millions USD et 500 000 USD, environ 2,5 milliards de Fcfa et 317,9 millions de Fcfa.
Le pays de Toumaï a enregistré un total de 93h de coupures accidentelles et/ou volontaires d’internet affectant 4,18 millions d’utilisateurs au courant de l’année écoulée. Lesdites perturbations ont été enregistrées en janvier (18h), février (48h), aout (3h) et octobre (24h). Ces coupures sont dues à la faible résilience de l’internet dans ce pays classé avant-dernier en Afrique avec un indice négatif (– 24 %) selon l’indice Pulse de résilience de l’internet 2023. Selon l’agence britannique, les principaux défis du Tchad en la matière sont les infrastructures et les performances de l’internet. En effet, le Tchad dispose d’un faible réseau de liaisons internationales (principalement constitué de trois liaisons terrestres transfrontalières en fibre optique vers le Cameroun et le Soudan) et d’une vitesse médiane de téléchargement de moins de 15 Mbps (oscillant entre 4 et 12 Mbps).
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Toutefois, il faut mentionner que le blocage le plus important (celui de février) est survenu à la suite d’une mesure de restriction d’accès imposée par le gouvernement tchadien dans un contexte d’insécurité. Le 1er mars 2024, le quotidien gouvernemental annonçait que « cette mesure a été prise en lien avec les évènements meurtriers survenus à N'Djamena les 27 et 28 février 2024 ». Cette longue interruption ainsi que les différents évènements de ruptures de fibre optique ont davantage concouru à creuser de 22% le manque à gagner qui était estimé à 3,1 millions USD en 2023 selon l’organisation américaine de surveillance Netblocks.
De son côté, la Guinée équatoriale a connu moins de 24h d’interruption d’internet tout le long de l’année affectant 1,16 millions d’utilisateurs. Cette coupure momentanée est survenue en aout pour des raisons de défauts de paiements. « Les autorités de la Guinée équatoriale ont annoncé que le pays pourrait connaître dans les prochains jours, des interruptions des services internet en raison du non-paiement effectif du fournisseur », indiquaient les médias locaux. Une situation qui a été maîtrisée grâce à mise en place d’une commission d’urgence permettant au Gestionnaire des infrastructures de télécommunications de la Guinée équatoriale (Gitge) de régler le paiement de la fibre optique. Pour sa part, la Guinée équatoriale est connectée à un seul système sous-marin de fibre optique internationale nommé Africa Coast to Europe (ACE).
A noter que Top10Vpn et Netblocks.Org estiment l’impact économique d’une interruption d’internet, d’une panne de données mobiles ou d’une restriction d’application à l’aide d’indicateurs de la Banque mondiale, de l’UIT, d’Eurostat et du recensement gouvernemental.

