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Crédits à l’économie : les banques continuent de bouder les PME

Très peu d’investissements engagés par les Pme durant le 2nd semestre 2020 l’ont été par le concours des établissements financiers, ceux-ci ayant choisi d’accompagner en priorité les grandes entreprises spécialisées dans l’import/export ou le trading.

La trésorerie des Pme au second semestre 2020 a été très exsangue, avec 84% d’entre-elles qui ont connu une trésorerie difficile d’après une note de conjoncture du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa). La plupart de ces entreprises, dans le contexte conjoncturel de l’époque, avait besoin d’engager de nouveaux investissements pour assurer une stabilité de leurs activités. Et pour cela, le recours aux crédits dans les banques devenait une nécessité impérieuse. Seulement, les banques, bien qu’en surliquidité, ont fait le choix de n’accorder des crédits en priorité qu’aux grandes entreprises, en l’occurrence celles qui opèrent dans l’import/export ou le trading, lesquelles étaient 439 recensées en 2020, soit 0,2% du tissu industriel camerounais. Les startups, les très petites entreprises (160.995, soit 79,1%), les petites entreprises (39.444, soit 19,4%), et des moyennes entreprises (2541 soit 1,2%), ont moins intéressé les banquiers.

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D’après Jean-Marie Missi, Directeur général du Crédit foncier du Cameroun (CFC), il existe « une crise de confiance entre les banquiers et les 203.419 entreprises répertoriées au Cameroun ». Ceci en raison du taux de créances en souffrance dans les banques camerounaises. En 2020, ce taux s’est élevé à 16,6%, contre 15,8% en 2019, selon des données contenues dans le rapport de l’Association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun (Apeccam) sur le financement de l’économie camerounaise dans le contexte de la Covid-19. Ce qui peut expliquer la frilosité des banques à accorder des crédits aux Pme, qui ne semblent pas présenter de garanties conséquentes aux yeux des banquiers. Et pourtant, l’Apeccam révélait que le taux de bancarisation s’est accru de 1% en 2020 et se situait autour de 29%.

Morosité des investissements

Cette situation très peu favorable n’a pas permis à ¾ de de Pme d’entreprendre de nouveaux investissements au second semestre 2020. Pour les Pme ayant réalisé un investissement, près de 96 % ont utilisé des ressources propres pour le financement de cet investissement. Le crédit fournisseur et l’intervention des banques ont concouru mais à faible niveau à cet investissement. Au demeurant, 40% de ces Pme ont obtenu le concours bancaire pour entreprendre leurs investissements, alors que la subvention de l’Etat, à travers le Fonds de solidarité Nationale pour la lutte contre le Coronavirus, a contribué à ces investissements à hauteur de 8,9%. En effet, le Minpmeesa a bénéficié, dans le cadre de ces Fonds, d’une dotation de 2 milliards de F, soit 1,5 milliards pour accompagner les Pme à fort potentiel sinistrées, et 500 Millions pour les artisans et acteurs de l’économie sociale fabriquant les masques artisanaux et les gels hydro-alcooliques.

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En ce qui concerne les Pme sinistrées, 291 entreprises ont été sélectionnées principalement dans les filières de l’agro-industrie (51,2%), de l’événementiel (18,9%), de l’économie numérique (9,3%) et des autres filières (textiles, cosmétiques, transformation du bois,…). Les ressources allouées aux Pme de l’Agro-industrie représentent 56 % de l’enveloppe destinée aux Pme à fort potentiel sinistrées, ceux de l’événementiel 17 % et ceux de l’économie numérique 8%.

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