Conjoncture

Crise anglophone : le plan secret des séparatistes contre les multinationales

7 leaders séparatistes réunis aux Etats-Unis invitent les entreprises internationales à ne signer aucun contrat économique portant sur les richesses des régions du Sud et du Nord-Ouest, avec l'Etat du Cameroun. Ces deux régions anglophones, munies d'importantes ressources, mais en proie à des troubles sécuritaires, se retrouvent au centre d'une guerre économique.

La crise dans les Régions du Sud et du Nord-ouest n’est pas que politique et sécuritaire. Elle est également économique. John Mbah Akuoh, Nelson Mangeh, Ntumfoyn Boh Herbert, Elvis Kometa, Samuel Sako, Lucas Cho Ayaba, leaders séparatistes des organisations Agc, l’Ig, le Morisc, le Roa, le Scyl, Scnc et le Consortium, envisagent faire main-basse sur les richesses des régions du Sud et du Nord-Ouest, dotées d’un important potentiel économique. Plan d’appropriation au sein d’un regroupement baptisé « Front line of the libération of Ambazonia ». Pour preuve, cette mise en garde des sécessionnistes anglophones sur les richesses minières, pétrolières, halieutiques ou touristiques de ces deux régions, à l’issue d’une réunion tenue les 17 et 18 septembre 2018 à Washington, la capitale politique des Etats-Unis.

Entre autres résolutions prises lors de cette concertation retransmise par vidéo-conférence en Chine, au Canada, en Grande Bretagne et à Chicago, figurent celle lancée à l’endroit des entreprises internationales. La 7ème, elle menace « toutes les entreprises internationales qui signeront des accords avec le Cameroun sur les ressources des amazoniens ». Ces dernières « ne pourront, ni les exploiter, et leurs contrats seront considérés comme des actes de vol ». Une mise en garde qui sonne comme un véritable hold-up  économique projeté, vues les potentialités de ces deux régions couvrant une superficie réunie de 42.710 km2. Avec un important potentiel économique. Pour de nombreux investisseurs, 16%,7%, le Sud-ouest présente un climat propice aux affaires, d’après une enquête de l’Institut national de la statistique menée en 2010 auprès de certains acteurs économiques nationaux et étrangers. Devant N’Gaoundéré, Douala et Yaoundé. Climat plutôt défavorable pour 25% de ces investisseurs. D’après la même étude intitulée « l’état de l’industrie camerounaise »,  57,1% de ces chefs d’entreprises jugent  « assez bon » le climat des affaires dans la région du Nord-ouest.

Potentiel

Cet environnement attractif a par conséquent développé un important tissu industriel  local. Avec 22 000 postes, la Cameroon Development Corporation (CDC) reste le premier employeur privé du Cameroun. Deuxième après l’Etat. Implantée dans la région du Sud-Ouest, la CDC dispose de plusieurs usines, plantations de palmier à huile, d’hévéa et de banane. Autre fleuron de l’économie camerounaise avec siège dans la Région du Sud-ouest, la Société nationale de raffinage (Sonara), spécialisée dans le traitement des produits pétroliers. Avec une capacité de production d’environ 2,2 millions de tonnes par an pour un capital de 23 milliards de FCFA, la Sonara  est plus que jamais au centre de toutes les attentions des belligérants. La Pamol, autre importante entreprise agroalimentaire située à Ekondo Titi, Région du Sud-ouest fait également partie de ces potentialités convoitées. En plus du fort potentiel de ressources énergétiques espéré de la rétrocession de la presqu’île de Bakassi au Cameroun par le Nigeria le 14 août 2008. La zone Sud-ouest est également dotée d’un important potentiel touristique, source considérable de devises et d’emplois pour les populations.

Le recensement général des entreprises (Rge), réalisé par l’Institut national de la statistique au cours de la période août-novembre 2009, a permis d’identifier 6487 entreprises et établissements en activité dans la région du Nord-Ouest. Elles sont estimées à près de 8000 en 2018. 88,3% sont des très petites entreprises (TPE), 9,4% des petites entreprises (PE), 2,0% des moyennes entreprises (Me) et 0,3% des grandes entreprises (Ge). En définitive, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest concentrent  respectivement 10,3% et 9,5% des très petites entreprises. La région du Sud-Ouest compte plus de 1500 entreprises, toutes catégories confondues. Avec 5 unités de productions industrielles, correspondant à 1,9% des grandes entreprises du pays. Alors que le Nord-Ouest est à 1,5%, selon l’Ins. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest occupent ainsi les 4ème et 5ème places nationales en termes de potentiel économique.

La Rédaction EcoMatin

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