Conjoncture

Crise du poisson : le plat le moins cher au Cameroun mis en difficulté par la crise de devises

La difficulté rencontrée pour le paiement des fournisseurs a entrainé une hausse des prix des produits halieutiques sur le marché local au détriment des consommateurs.

Les consommateurs sont aux abois, le poisson se fait de plus en plus rare dans les marchés. De toutes les variétés, c’est le maquereau, (consommé par 70% de la population camerounaise, selon le ministère du Commerce) très prisé dans la cuisine locale qui manque le plus. Le riz accompagné du maquereau dans sa sauce d’arachide est surement le plat le plus accessible et le plus consommé au Cameroun. Il faut noter que ce plat est mangé par les classes impécunieuses. Ainsi, la crise de ce poisson représente un problème alimentaire pour les ménages.

Même si certains exportateurs à l’instar des responsables de Congelcam, leader du marché affirme que le pays ne fait pas face à une pénurie, en attendant, les prix eux sont à la hausse. Le carton qui, il y’a quelques temps coutait 25000 FCFA, va aujourd’hui chercher dans les 29 voire 30 000 FCFA. « Chaque jour quand je vais au marché je trouve de nouveau prix. Et il y’a personne pour nous expliquer pourquoi » s’exclame Mama Marie, braiseuse de poisson au quartier Mendong. « Nous les petits détaillants de poisson (sous toutes le formes) sommes obligés de surenchérir les prix pour trouver des bénéfices» a-t-elle ajoutée. Et, cette inflation se fait au détriment des consommateurs dont le portefeuille ne s’est pas amélioré.

La grande majorité de poisson consommé au Cameroun vient de l’extérieur. Selon les chiffres du Centre du Commerce international, Les importations de poisson et autres produits de mer représentent en moyenne 149 milliards de FCFA par an entre 2011 et 2016, soit 6% des exportations du pays en produits alimentaires. Ce qui classe ces produits en deuxième place des produits alimentaires importés derrière le riz. Cela explique alors la frénésie autour d’une potentielle crise de cette denrée.

Pour les importateurs, c’est le circuit d’approvisionnement sur le marché mondial qui est en cause. Ces derniers déclarent avoir des difficultés pour payer leurs fournisseurs à cause du renchérissement des coûts de transfert de devises. En effet, les opérations commerciales en monnaies étrangères sont sous le contrôle de la Banque centrale. Celle-ci a entre autres pour rôle de rationner les devises. Ce qui peut parfois ralentir les paiements en devises étrangères et entrainer une crise de devises. Et, selon les estimations du FMI (Fonds Monétaire International), cette crise peut continuer jusqu’à 2021. D’ailleurs, l’analyste économique Dieudonné Essomba avait prédit que cette situation ferait en sorte que la Banque centrale n’aura plus assez de devises pour acheter et par conséquent les pays qui vivent des importations vont mourir de faim. Car, après le poisson aujourd’hui, d’autres denrées d’importations pourraient suivre. En ce qui concerne principalement le poisson, la solution serait de booster la production et à limiter les importations.

La Rédaction EcoMatin

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