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Crise russo-ukrainienne : l’INS redoute une hausse du prix des matériaux de construction

Dans une note comptant pour le mois de mars 2022, où il détaille les échanges commerciaux entre le Cameroun, la Russie, l’Ukraine (2018-2020), l’Institut national de la statistique craint une hausse des prix de ces produits. Cette dernière découlerait alors de la hausse des coûts à l’importation, qui elle-même aboutirait à la hausse du prix des mêmes produits vendus en gros et en détail.

Publiée mercredi 23 mars 2022 à 17:49:24Modifiée lundi 28 mars 2022 à 16:22:57Temps de lecture 4 minPar Paul Tjeg

«S’agissant des échanges globaux, la Russie se classe au 14ème rang des partenaires commerciaux du Cameroun en 2020. Elle occupe la 8ème place à l’importation et le 74ème rang à l’exportation. Le blé (froment de blé et méteils) et les engrais sont les deux principales marchandises importées de la Russie au cours de la période 2018-2020. Ces deux produits ont un poids respectif de 65% et 17% dans les importations du Cameroun provenant de la Russie en 2020 ; positionnant ainsi ce dernier au premier rang des fournisseurs de ces produits au Cameroun», peut-on lire dans ce document.

Lire aussi : Le FMI et le Gicam préconisent la revalorisation du Smig pour faire face à l’inflation

Toutefois, comme on pouvait s’y attendre, l’entrée des troupes russes en Ukraine a provoqué des remous dans  les chaînes d’approvisionnement des produits fournis au Cameroun par la Russie. En raison de cette conjoncture précaire, la farine de blé fabriquée localement (avec du blé importé de Russie), ainsi que des produits dérivés comme le pain ont connu une hausse en début de semaine dernière. Au même moment, la suspension des exportations d’engrais par le gouvernement russe, présage également des lendemains sombres. «Le conflit armé entre les deux pays Russie et Ukraine, partenaires stratégiques du Cameroun pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement des produits fournis au Cameroun par ces derniers. Cette situation pourrait alors engendrer la hausse des coûts à l’importation et par conséquent se traduire par la hausse de leurs prix de gros et de détail. Autrement dit, les tensions inflationnistes déjà enregistrées sur la farine de blé et ses produits dérivés (pain, pâtes alimentaires, etc.) pourraient s’accentuer. Il en est de même des autres produits importés de ces pays tels que l’engrais et certains matériaux de construction», lit-on dans ce rapport.

Possible hausse de certains matériaux de construction

Les craintes formulées par l’INS concernant la perturbation des échanges commerciaux entre le Cameroun et la Russie, sont également transposables dans le cadre des relations commerciales qui lient le Cameroun à l’Ukraine. Principal fournisseur du Cameroun en produits en fer, fonte et acier, ce pays d’Europe de l’Est pourrait également se retrouver dans l’incapacité de satisfaire la demande nationale en ces articles, qui sont utilisés dans la fabrication de certains matériaux de construction, tels que le fer à béton. Une baisse de l’offre qui pourrait inévitablement conduire à la hausse des produits dérivés.  «Par rapport aux échanges globaux, l’Ukraine est le 19ème partenaire commercial en 2020, occupant ainsi la 15ème place à l’importation et la 93ème place à l’exportation. Les produits en fer, fonte et acier représentent environ 95% des importations, plaçant ainsi ce pays à la première position des fournisseurs du Cameroun en produits en fer, fonte et acier», précise l’institut national de la statistique. 

Solutions

Pour faire face à cette situation, l’INS préconise le recours à la «la politique d’import substitution en cours de mise en œuvre dans le cadre de la SND30, et tirer avantage de cette situation pour promouvoir la consommation des produits locaux substituables, en sensibilisant la population à modifier ses habitudes de consommation. Il s’agit notamment de remplacer, au moins partiellement, la farine de blé par des farines produites localement en particulier le maïs, la patate, le manioc, le plantain, etc.»

Lire aussi : Crise russo-ukrainienne : les meuniers n’excluent pas une nouvelle hausse du prix du pain au Cameroun

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