Dans la note d’information accompagnant les états financiers consolidés pour l’exercice clos le 31 décembre 2025, publiée sur la place boursière nigériane, le géant cimentier Dangote Cement a annoncé avoir cédé à l’État du Sénégal 10 % de sa participation dans la filiale Dangote Cement Senegal S.A.
« La société a transféré 10 % de sa participation au gouvernement de la République du Sénégal », indique le document. L’actionnariat de Dangote Cement Senegal est désormais détenu à 89,99 % par le groupe industriel et à 10 % par l’État sénégalais.
Cette opération s’inscrit dans les démarches engagées par le nouveau gouvernement sénégalais, dirigé par Bassirou Diomaye Faye, visant à accroître la part de l’État dans les projets stratégiques. En septembre 2024, les autorités avaient lancé une révision générale des contrats miniers, pétroliers et gaziers afin de corriger les accords jugés « déséquilibrés » et de garantir une meilleure redistribution des ressources au profit des populations et de l’État. En novembre 2025, le président sénégalais avait également ordonné l’élaboration d’un nouveau Code minier.
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Avec cette prise de participation, l’État du Sénégal rejoint donc l’actionnariat de la filiale, à un moment où les performances financières de la maison mère affichent une forte progression. Le bénéfice par action a doublé pour atteindre 59,86 nairas, conduisant le conseil d’administration à proposer un dividende de 45 nairas par action, contre 30 nairas un an plus tôt. Sous réserve d’approbation, le groupe prévoit de distribuer plus de 753 milliards de nairas (environ 307,9 milliards FCFA) à ses actionnaires.
L’usine de Dangote à Pout, située à 54 km de Dakar, dispose d’une capacité de production de 1,5 million de tonnes par an. En 2025, les activités sénégalaises ont généré 151 milliards de nairas (110,6 millions USD, soit environ 62,5 milliards FCFA) de revenus, en baisse de 21,4 % en glissement annuel. Ce recul s’explique par une contraction de la production, déjà en repli de 27,5 % à fin septembre 2025, en raison du ralentissement des chantiers de construction observé depuis mi-2024.
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Le groupe demeure toutefois optimiste et mise sur la reprise des grands projets d’infrastructures, notamment le chemin de fer Dakar–Tambacounda, pour soutenir la demande de ciment à moyen et long terme.

