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Débits de boissons: les exploitants font mousser une nouvelle hausse du prix de la bière

Au motif que la bière n’est pas un produits de luxe, ils s’opposent au marquage fiscal envisagé par le gouvernement sur ces produits et menacent de mettre à exécution l’opération « Bars morts ».

Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a obtenu le 29 avril dernier du Syndicat national des exploitants des débits de boissons du Cameroun (Synedeboc), qu’il lève le mot d’ordre de grève qu’il avait lancé en protestation du passage du casier de bière de 5600 à 7200 Fcfa, du fait de la réduction de 20% à 10%, dans la loi de finances 2019, de l’abattement qui sert de base au calcul du droit d’accise sur les produits agricoles. Mais, selon le président national de ce syndicat, Me Roger Tapa Tchiesso, qui était face à la presse le 30 avril dernier, à Yaoundé, « les négociations administratives se poursuivent », et « cette suspension est provisoire ». Il juge excessif le prix actuel de la bière, et est convaincu qu’avec un peu de volonté, le gouvernement peut le baisser jusqu’à 500 Fcfa. A en croire le président du Synedeboc, l’Etat prélève actuellement 347 Fcfa en termes de taxes et impôts sur chaque bouteille bière.

L’un des points qui divisent le gouvernement, les sociétés brassicoles et les syndicats du secteur des débits de boissons, c’est le marquage fiscal sur les bouteilles de bières. Comme avec les vins et spiritueux depuis quelques années, l’administration fiscale est sur le point de faire apposer des vignettes sur les bières, dans le but officiel de limiter la circulation des boissons de contrebande ou de contrefaçon. Selon le coordonnateur national du Synedeboc, Valéry Ntendie, qui a fait partie du groupe de travail mis sur pied par le Premier ministre en vue de définir les contours de cette innovation, l’un des objectifs inavoués par les autorités publiques était de s’assurer du plein contrôle de la production des sociétés brassicoles. Or, celles-ci disposent de machines qui comptabilisent le nombre exact de bouteilles produites. Le marché aurait déjà été passé de gré à gré à une entreprise suisse à qui ces vignettes vont générer à moyenne 10 milliards Fcfa de gains annuels, rien qu’en prélevant 18 Fcfa sur chaque bouteille.

L’implémentation de cette réforme, qui devrait faire suite à une loi de finances rectificative, entraînera inéluctablement une nouvelle hausse du prix de la bière. Et, selon Valéry Ntendie, c’est le contribuable qui va payer. Le Synedeboc promet d’activer l’opération « bars morts » si le gouvernement venait à acter l’apposition de la vignette.

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