Le Tchad va interdire les paiements en espèces et par chèque pour l’ensemble des dépenses publiques à partir du 1er avril 2026, dans le cadre d’un durcissement des règles de gestion budgétaire destiné à renforcer la transparence et à lutter contre les détournements. Dans une circulaire publiée mardi, le ministre des Finances, du Budget et des Comptes publics, Tahir Hamid Nguilin, a indiqué que tout paiement sur fonds publics devra désormais être effectué exclusivement par voie bancaire ou électronique, via des prestataires agréés.« Afin de sécuriser les deniers publics et de réduire le recours aux paiements en espèces, tout paiement effectué sur fonds publics sera réalisé uniquement au moyen d’instruments bancaires et/ou électroniques », précise le texte.
Toute dépense réglée en dehors de ces canaux sera considérée comme irrégulière. Les opérations non conformes pourront être rejetées ou suspendues par le Trésor, les montants indûment versés devront être restitués, et la responsabilité personnelle des gestionnaires engagée, avec des sanctions disciplinaires et financières à la clé, selon la circulaire.
La réforme s’appliquera à l’ensemble du secteur public, y compris les ministères, les institutions constitutionnelles, les autorités de régulation, les établissements publics, les collectivités autonomes, ainsi que les unités de gestion de projets, les programmes publics et les entreprises à participation financière de l’État.
Cette mesure s’inscrit dans une réforme plus large de la chaîne de la dépense publique. Depuis le 1er janvier 2026, l’État tchadien a rendu obligatoire la facture électronique normalisée (FEN), désormais seul document de facturation admis pour la liquidation et le paiement des dépenses publiques. Le gouvernement présente ce dispositif comme un pilier de sa stratégie de « zéro papier », visant à prévenir la double facturation, les factures fictives, la manipulation des prix et les paiements indus.
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Les autorités espèrent ainsi assainir une gestion budgétaire régulièrement mise en cause. En août 2025, un audit menée par la direction des Investigations et du Contentieux, Ousmane Mamadou Affono de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) du Tchad révélait qu’à Baga Sola dans le département de Kaya, le trésorier départemental avait engagé des dépenses estimées à plus de 1,18 milliard FCFA sans pouvoir fournir de justificatifs.

