alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Dérapages budgétaires : la Cemac sous camisole de force

Production, diffusion régulière de données budgétaires, économiques et financières fiables et complètes ; resserrement des critères de convergence ; mise sous ajustement budgétaire; gestion prudente de la dette ; entrée sous-programme de tous les pays de la sous-région avec le FMI en vue de bénéficier des appuis budgétaires, etc., sont entre autres mesures drastiques que les chefs d’Etat ont adoptées sous l’œil vigilant du représentant du directeur général de cette institution multilatérale lors de la réunion d’urgence de Yaoundé tenue ce 16 décembre 2024.

Publiée jeudi 19 décembre 2024 à 15:27:43Modifiée jeudi 19 décembre 2024 à 15:27:46Temps de lecture 6 minPar EcoMatin

La photo de famille des chefs d'Etats au sortir du Sommet de Yaoundé
La photo de famille des chefs d'Etats au sortir du Sommet de Yaoundé

Le sommet des chefs d’Etat extraordinaire de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) a tenu ses promesses. Si toutes les têtes couronnées communautaires n’ont pas fait le déplacement de Yaoundé, les débats houleux de la réunion préparatoire du sommet du 14 décembre tenue au ministère camerounais de l’Economie, auguraient déjà du ton du communiqué final. Ainsi, les chefs d’Etat, sans fioritures, reconnaissent la gravité de la situation que traverse la sous-région et appellent à la poursuite d'une stratégie régionale cohérente et coordonnée pour préserver la viabilité des finances publiques, meurtries par des dérapages budgétaires ayant abouti à une hypothèque des appuis budgétaires attendus du Fonds par le Cameroun, la RCA et le Congo.

Lire aussi : Cemac : face au risque budgétaire, le FMI impose un sommet à Yaoundé

Autre point d’attention, la stabilité du secteur financier et le renforcement de la position extérieure de la CEMAC. Bien que le niveau des réserves de change ne soit pas affecté, reste que le marché domestique des capitaux s’en trouve fragilisé avec l’insolvabilité de certains Etats, dont le Congo qui aligne des retards de paiement quand ce ne sont pas des menaces de défauts de paiement. Sous la menace de risque d’effondrement, le marché domestique des capitaux de la CEMAC accuse les émetteurs souverains d’opacité et d’asymétries d’informations. Toute chose qui limite l’attrait des investisseurs et des spécialistes en valeurs du Trésor.

Données budgétaires fiables

Les Etats de l’espace communautaire sont aussi appelés à poursuivre une consolidation budgétaire ordonnée dans le cadre des discussions bilatérales avec les partenaires techniques et financiers. Ce qui veut dire que les Etats, et non trois seulement comme c’est le cas actuellement, doivent se mettre au rythme des réformes drastiques sous la supervision des partenaires au développement.

Pour éviter des soupçons sur la sincérité, la fidélité et la régularité des données budgétaires communiquées aux acteurs, chaque pays « produire et diffuser régulièrement des données budgétaires, économiques et financières fiables et complètes pour les besoins de la surveillance multilatérale, de la politique monétaire et des politiques sectorielles ».

Si la contribution du secteur bancaire au financement du développement est saluée par les dirigeants communautaires, ceux-ci invitent les autorités nationales et régionales, chargées de la supervision du secteur, à engager une action collective visant à préserver la solidité et la stabilité du système bancaire. Car, il est aussi question de prendre des mesures pour une gestion de l’exposition des banques commerciales aux emprunts souverains, conformément aux critères de convergence notamment ceux en lien avec l’endettement.

Conclusion des revues

Le ton des dirigeants durcit en ce qui est des programmes avec le Fonds. Aussi se sont-ils résolus à veiller à la mise sous ajustement budgétaire de tous, sans étrangler les populations, et en préservant l'investissement ; ils ont aussi pris l’engagement d’assurer la mise en œuvre des politiques et des réformes structurelles en vue de la consolidation de la croissance économique et de la stabilité monétaire. L’observation de ces mesures conduira alors les partenaires au développement à œuvrer, comme le souhaitent la Conférence des chefs d’Etat, pour la conclusion des revues de leurs Accords avec le Cameroun, la République Centrafricaine et le Congo. Car, en rappel, le Cameroun attend un décaissement de 180 milliards du FMI, la RCA un peu plus de 20 millions de dollars. Des sommes qui viendraient oxygéner les caisses de ces Etats en grande difficulté de liquidités.

Lire aussi : Ce qu’est venu faire le DGA du FMI au Tchad

Ainsi que le prédisait le ministre d’Etat tchadien des Finances et des Comptes publics, Tahir Hamid Nguilin, lors de la réunion préparatoire du 14 décembre au ministère camerounais de l’Economie, le FMI insiste pour que tous les pays de la CEMAC soient sous-programme avec lui. La Guinée équatoriale, le Tchad et le Gabon, « doivent conclure, dès que possible, des programmes formels avec le FMI afin de bénéficier de son appui ainsi que de celui des autres partenaires techniques et financiers », selon la volonté des chefs d’Etat.

Règlementation des changes

S’agissant de l’endettement, les dirigeants de la CEMAC s’engagent comme le recommande depuis des années le FMI, dans la voie des emprunts concessionnels. À leur tour, les partenaires au développement se doivent d’assurer une plus grande mobilisation des ressources financières en vue de soutenir la transformation structurelle des économies de la sous-région.

Toujours dans le but de disposer de plus de ressources et de devises, les Etats réaffirment leur engagement à « l’application intégrale de la Règlementation des Changes, notamment à travers le rapatriement diligent des devises par les opérateurs économiques ». Pour un respect scrupuleux de cette réforme communautaire, le FMI, la Banque Mondiale et tous les autres partenaires techniques et financiers, sont invités à « accompagner les Etats et la Banque Centrale dans le processus de rapatriement et de domiciliation des revenus pétroliers ».

Les Etats, s’engagent à conclure, avant le 30 avril 2025, « des conventions de compte-séquestres pour les fonds de restauration des sites (Fonds RES) par les entreprises extractives (pétrolières et minières).

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Dérapages budgétaires : la Cemac sous camisole de force
BEACFMIcemacArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumDélestagePolitiques PubliquesCameroun/coupures d’électricité : 126 heures par client en 2025 selon l’ARSEL, 46 heures selon SOCADELLa mise en service complète du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) n'a pas empêché une nouvelle dégradation de la qualité du service électrique au Cameroun. Selon l'ARSEL, la durée moyenne des coupures a augmenté de 29 % en 2025, alors que les volumes d'électricité injectés sur le réseau progressaient de 5,7 %.il y a 10 heuresEpremiumeneoPolitiques PubliquesÉlectricité : le Cameroun prévoit 40 milliards FCFA par an jusqu'en 2029 pour restructurer la Socadel La Société camerounaise électricité devra se redresser avec 40 milliards dès 2027. Une enveloppe jugée « faible » par les conférences budgétaires, alors que son prédécesseur a laissé une dette de 850 milliards FCFA.il y a 10 heuresEpremiumWhatsApp Image 2026-10-29 at 12.27.31Politiques PubliquesCameroun : l'État envisage de reprendre à sa charge la dette issue du contrat rompu avec TollcamPlus de deux ans après la suspension du partenariat avec Tollcam, le gouvernement camerounais cherche toujours à régler les conséquences financières de cette rupture. L’opérateur réclame 30 milliards FCFA à l’État.il y a 16 heuresART - Orange Cmr1Politiques PubliquesCameroun : l’ART opère une mission d’inspection des investissements et réalisations d’Orange Cameroun à DoualaA l’issue d’un conclave tenu la semaine dernière dans la capitale économique, l’Agence de régulation attend des actions de l’opérateur et plusieurs décisions ont été prises.il y a 18 heuresAlbert II de MonacoPolitiques PubliquesCameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreComme EcoMatin l’a annoncé en exclusivité en septembre dernier, l’arrivée du Souverain de Monaco au Cameroun, vingt-trois ans après, est une visite aux accents diplomatiques, alors que les échanges commerciaux entre les deux pays restent marginaux.il y a 1 jourEpremiumWhatsApp Image 2026-10-27 at 14.08.21Politiques PubliquesYaoundé : de la Sotuc à STM, l'interminable échec du transport public par busDe la Sotuc à Salem Tours Mfoundi, en passant par « Le Bus » et Stecy, Yaoundé a vu se succéder quatre opérateurs de transport urbain sans parvenir à installer un réseau de bus durable. Le dernier en date, sélectionné en décembre 2023, vient de perdre son contrat sans avoir mis un seul véhicule en circulation. La mairie cherche désormais un nouvel exploitant. il y a 2 jours

Articles similaires

WhatsApp Image 2026-10-29 at 08.22.17Business et EntreprisesProduits pétroliers : comment le Cameroun a négocié son approvisionnement en carburants avec DangoteAprès neuf mois de négociations âpres, Dangote a finalement accepté de fournir la moitié des carburants importés par le Cameroun. Selon les sources de EcoMatin Aliko Dangote et Sayyu Dantata patron de MRS sont attendus à Yaoundé ce jeudi 29 octobre pour la signature de l’accord. Exit donc les surfacturations, les frais de transport excessifs et les marges opaques des intermédiaires : Yaoundé espère reprendre le contrôle de sa facture pétrolière. Le décryptage de EcoMatin.il y a 19 heures
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 3 jours2Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 4 jours3Groupe Ecobank : une assemblée annulée, des administrateurs menacés de révocation et une gouvernance sous tensionil y a 1 jour4Cameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreil y a 1 jour5Bertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesil y a 17 heures6Le parapétrolier français Stapem Offshore ouvre une nouvelle succursale au Congoil y a 3 jours7Produits pétroliers : comment le Cameroun a négocié son approvisionnement en carburants avec Dangoteil y a 19 heures8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 6 jours9Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 6 jours10Cameroun : Elvis Berlin Mouafo élargit son empire commercial à la microfinanceil y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.