Le sommet des chefs d’Etat extraordinaire de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) a tenu ses promesses. Si toutes les têtes couronnées communautaires n’ont pas fait le déplacement de Yaoundé, les débats houleux de la réunion préparatoire du sommet du 14 décembre tenue au ministère camerounais de l’Economie, auguraient déjà du ton du communiqué final. Ainsi, les chefs d’Etat, sans fioritures, reconnaissent la gravité de la situation que traverse la sous-région et appellent à la poursuite d'une stratégie régionale cohérente et coordonnée pour préserver la viabilité des finances publiques, meurtries par des dérapages budgétaires ayant abouti à une hypothèque des appuis budgétaires attendus du Fonds par le Cameroun, la RCA et le Congo.
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Autre point d’attention, la stabilité du secteur financier et le renforcement de la position extérieure de la CEMAC. Bien que le niveau des réserves de change ne soit pas affecté, reste que le marché domestique des capitaux s’en trouve fragilisé avec l’insolvabilité de certains Etats, dont le Congo qui aligne des retards de paiement quand ce ne sont pas des menaces de défauts de paiement. Sous la menace de risque d’effondrement, le marché domestique des capitaux de la CEMAC accuse les émetteurs souverains d’opacité et d’asymétries d’informations. Toute chose qui limite l’attrait des investisseurs et des spécialistes en valeurs du Trésor.
Données budgétaires fiables
Les Etats de l’espace communautaire sont aussi appelés à poursuivre une consolidation budgétaire ordonnée dans le cadre des discussions bilatérales avec les partenaires techniques et financiers. Ce qui veut dire que les Etats, et non trois seulement comme c’est le cas actuellement, doivent se mettre au rythme des réformes drastiques sous la supervision des partenaires au développement.
Pour éviter des soupçons sur la sincérité, la fidélité et la régularité des données budgétaires communiquées aux acteurs, chaque pays « produire et diffuser régulièrement des données budgétaires, économiques et financières fiables et complètes pour les besoins de la surveillance multilatérale, de la politique monétaire et des politiques sectorielles ».

Si la contribution du secteur bancaire au financement du développement est saluée par les dirigeants communautaires, ceux-ci invitent les autorités nationales et régionales, chargées de la supervision du secteur, à engager une action collective visant à préserver la solidité et la stabilité du système bancaire. Car, il est aussi question de prendre des mesures pour une gestion de l’exposition des banques commerciales aux emprunts souverains, conformément aux critères de convergence notamment ceux en lien avec l’endettement.
Conclusion des revues
Le ton des dirigeants durcit en ce qui est des programmes avec le Fonds. Aussi se sont-ils résolus à veiller à la mise sous ajustement budgétaire de tous, sans étrangler les populations, et en préservant l'investissement ; ils ont aussi pris l’engagement d’assurer la mise en œuvre des politiques et des réformes structurelles en vue de la consolidation de la croissance économique et de la stabilité monétaire. L’observation de ces mesures conduira alors les partenaires au développement à œuvrer, comme le souhaitent la Conférence des chefs d’Etat, pour la conclusion des revues de leurs Accords avec le Cameroun, la République Centrafricaine et le Congo. Car, en rappel, le Cameroun attend un décaissement de 180 milliards du FMI, la RCA un peu plus de 20 millions de dollars. Des sommes qui viendraient oxygéner les caisses de ces Etats en grande difficulté de liquidités.
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Ainsi que le prédisait le ministre d’Etat tchadien des Finances et des Comptes publics, Tahir Hamid Nguilin, lors de la réunion préparatoire du 14 décembre au ministère camerounais de l’Economie, le FMI insiste pour que tous les pays de la CEMAC soient sous-programme avec lui. La Guinée équatoriale, le Tchad et le Gabon, « doivent conclure, dès que possible, des programmes formels avec le FMI afin de bénéficier de son appui ainsi que de celui des autres partenaires techniques et financiers », selon la volonté des chefs d’Etat.
Règlementation des changes
S’agissant de l’endettement, les dirigeants de la CEMAC s’engagent comme le recommande depuis des années le FMI, dans la voie des emprunts concessionnels. À leur tour, les partenaires au développement se doivent d’assurer une plus grande mobilisation des ressources financières en vue de soutenir la transformation structurelle des économies de la sous-région.

Toujours dans le but de disposer de plus de ressources et de devises, les Etats réaffirment leur engagement à « l’application intégrale de la Règlementation des Changes, notamment à travers le rapatriement diligent des devises par les opérateurs économiques ». Pour un respect scrupuleux de cette réforme communautaire, le FMI, la Banque Mondiale et tous les autres partenaires techniques et financiers, sont invités à « accompagner les Etats et la Banque Centrale dans le processus de rapatriement et de domiciliation des revenus pétroliers ».
Les Etats, s’engagent à conclure, avant le 30 avril 2025, « des conventions de compte-séquestres pour les fonds de restauration des sites (Fonds RES) par les entreprises extractives (pétrolières et minières).

