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Dette intérieure : nouvelle promesse d’apurement des arriérés de paiement

Les Etats devraient adopter des stratégies crédibles et exhaustives pour éponger les dettes vis-à-vis des résidents. Cet engagement avait déjà été pris lors du sommet extraordinaire de novembre 2019. La stabilité du système financier en dépend.

“Qui paie ses dettes s’enrichit”, dit un proverbe. A voir le soin que les pays de la Cemac mettent pour honorer leurs dettes extérieures, on croirait que c’est une “chance” de faire affaires avec eux. Si cela est vrai pour les créanciers étrangers, on n’en dirait pas autant pour les partenaires locaux. Dans le rapport sur “Portefeuille de la dette publique du Cameroun au 31 décembre 2020” publié par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), il apparaît que la dette intérieure s’accumule (en valeur relative) quand la dette extérieure diminue. La situation n’est pas très différente pour les autres pays.

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Selon les rapports successifs des services du FMI sur les politiques communes à l’appui des programmes de réforme des pays de la Cemac, aucun pays ne respecte le critère de non accumulation des arriérés de dettes intérieures depuis 2018. Cela devrait encore être le cas en 2022. Il y a donc lieu d’être sceptique quant à la résolution du sommet extraordinaire du 18 août dernier. Au terme de leur conclave, les chefs d’Etat ont “engagé les Etats à poursuivre l’assainissement du système financier par la mise en place des stratégies d’apurement des arriérés de paiement, crédibles et exhaustives, tenant compte des impacts de la crise sanitaire et conformes aux engagements contenus dans les programmes”, lit-on dans le communiqué final.

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Un résolution similaire à celle adoptée lors du sommet extraordinaire de la Cemac en novembre 2019. Bien plus, dans le cadre de la première consultation tripartite entre les États, les institutions de la Cemac et le FMI, le 2 avril 2019 à Douala, les pays se sont engagés à « évaluer le stock d’arriérés intérieurs et définir une stratégie crédible d’apurement des arriérés » avant fin juin 2019. Autant dire que sur cette question c’est la volonté politique qui manque certainement le plus.

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Selon les analystes, le remboursement de la dette et des arriérés intérieurs n’est pas sans conséquences directes sur la stabilité du secteur financier et la croissance globale. Dans une Lettre de réforme adressée à Paul Biya en janvier 2015, l’ingénieur financier, Babissakana, s’étonnait déjà de ce que l’Etat, solvable, accumulait des impayés. “Les arriérés sont à l’origine d’un freinage substantiel d’activité économique avec des conséquences néfastes notamment en termes de fermeture des plusieurs petites et moyennes entreprises et de destruction de nombreux emplois”, expliquait alors l’ingénieur financier.

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