Le 28 avril dernier, les autorités gabonaises ont annoncé la finalisation d’une opération de gestion du passif portant sur des titres émis sur le marché régional. Dans le cadre de cette transaction à laquelle ont participé les bailleurs de fonds multilatéraux et plusieurs banques commerciales, Libreville est parvenu à mobiliser avec succès 1 400 milliards FCFA, dont 592 milliards de FCFA de reprofilage de la dette émise sur le marché public de la CEMAC ; 473 milliards de FCFA de titrisation d’un portefeuille de créances bancaires hors marché et 338 milliards de FCFA de mobilisation de ressources nouvelles. L’objectif : réduire la pression sur les échéances de court terme tout en continuant à honorer ses obligations.
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Dans une note publiée ce 8 mai 2025, Fitch Ratings Fitch reconnaît un impact immédiat sur le calendrier des remboursements, qui reculeront de 1,4 % du PIB en 2025 et de 0,8 % en 2026. L’agence américaine de notation confirme que l’opération n’est pas considérée comme un échange de dette en détresse (Distressed Debt Exchange), mais maintient sa note souveraine à « CCC », un niveau qui traduit une situation de stress budgétaire et de forte incertitude. « Le Gabon reste confronté à des défis importants en matière de liquidité en devises étrangères et en monnaie locale », souligne l’agence.
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Le Gabon a subi trois dégradations de sa note depuis le coup d'État de 2023, deux de la part de Fitch et une de Moodys. Lors de la dégradation de la note en janvier, Fitch a invoqué de « graves tensions » sur les liquidités intérieures et extérieures du gouvernement et des arriérés croissants pour justifier la baisse de la note. Pourtant, le pays a fait des efforts en matière de solvabilité. En novembre 2024, Libreville a procédé à un remboursement anticipé d’une partie de son eurobond, soit 290 millions USD (180 milliards FCFA), grâce à un emprunt en monnaie locale. En février 2025, le solde de l’euro-obligation a été mis en paiement grâce à un placement privé de 570 millions de dollars assorti d’un rendement de 12,7 %. Selon Fitch, cette dernière levée a, certes, permis au pays de refinancer sa dette, mais à un coût exorbitant, qui reflète la perception de risque élevé du profil gabonais. De fait, le déficit budgétaire attendu de 2,8 % du PIB en 2025 repose sur un cours du pétrole à 65 USD, alors que le point d’équilibre budgétaire du pays est estimé à 85 USD.
L’équation reste donc fragile, surtout en l’absence de financement multilatéral sécurisé. Fitch estime que le retour à un programme du FMI en 2025, probablement après l’élection présidentielle du 12 avril, pourrait stabiliser les perspectives de financement du Gabon alors que la chute des prix du pétrole devrait s’aggraver.
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