Hervé Ndoba, ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine (RCA), a participé le 15 avril 2026 au lancement de la plate forme internationale des emprunteurs à Washington; une initiative placée sous l’égide des Nations Unies. Lors de cette rencontre, l’émissaire du président Faustin-Archange Touadéra a prononcé un plaidoyer vigoureux en faveur d'une réforme financière résolument orientée vers le développement durable des pays à revenu faible ou intermédiaire.
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Selon le ministère des Finances, Hervé Ndoba a « invité le FMI et le Groupe de la Banque mondiale à réviser le cadre d’analyse de viabilité de la dette pour l’orienter davantage vers la solvabilité à long terme, condition indispensable à une gestion durable et structurante ». En d’autres termes, plutôt que de se focaliser exclusivement sur le poids immédiat de la dette, Hervé Ndoba estime que les bailleurs de fonds devraient évaluer la destination des fonds. Dans cette optique, un endettement dédié aux projets structurants — tels que des barrages, des infrastructures routières ou des unités industrielles — devient un levier de croissance capable de générer les revenus futurs nécessaires à son propre remboursement, garantissant ainsi la solvabilité à long terme du pays.
Notons que le cadre de viabilité de la dette institué depuis 2005, est un mécanisme de référence utilisé par les institutions multilatérales et les créanciers internationaux pour diagnostiquer les risques d'endettement dans les pays à faible revenu. Ce dispositif classe les pays selon leur capacité de charge de la dette et définit des seuils critiques pour des indicateurs spécifiques tels que : le taux d’endettement, le service de de la dette, etc.
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Face à l’aggravation généralisée du surendettement et à la récurrence des chocs économiques, Hervé Ndoba préconise « la suspension du service de la dette pour les pays engagés dans les restructurations [et] l’adoption d’une approche intégrée entre créanciers publics et privés ». En plus, il exhorte les banques multilatérales à intensifier leurs investissements dans le capital humain et les infrastructures socioéconomiques, l'objectif étant que l'endettement se mue en un véritable levier de transformation et de stabilité. Selon lui, cette mutation doit impérativement s'accompagner d'une gouvernance internationale de la dette rigoureusement alignée sur les Objectifs de développement durable(ODD), la transition écologique et la consolidation de la paix.
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Ce plaidoyer intervient dans un contexte où les pays de l’Afrique subsaharienne et ceux de la CEMAC en particulier, croulent sous le poids de la dette. Au sein de la zone CEMAC, le Gabon et le Congo se distinguent par un niveau d’endettement préoccupant qui excède désormais les 90 % du PIB. En revanche, les quatre autres États membres (Cameroun, RCA, Tchad et Guinée Equatoriale) maintiennent des ratios conformes aux exigences communautaires, bien que certains d'entre eux présentent un « risque élevé de surendettement », témoignant d'une fragilité persistante face aux chocs économiques.
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